Vendredi 27 juillet : ou comment skier pendant que les autres travaillent ...
On vous l'avait dit, il était hors de question qu'on subisse un hiver néo-zélandais sans au moins en profiter pour skier ... ou plutôt « rider » (yeaaah !) avec nos snowboards arrachés de haute lutte sur le site d'enchères néo-zélandais trademe.com.
Vendredi matin, réveil 6h du mat', comme d'hab, sauf que cette fois ci, on charge les snow, les boots, un petit peu de ravitaillement, et au lieu de tourner à Fielding pour le boulot, on prend la direction de la montagne et des pistes enneigées.
Pour vous replacer dans le contexte géographique du ski en Nouvelle Zélande, sachez que tout se joue dans l'ile du Sud, et que nous on est (encore mais plus pour longtemps) dans l'île du Nord. Heureusement, il y a quand même de quoi faire pas trop loin de chez nous, et tout se passe sur les volcans. La plus grande station est celle du Ruapehu (le gros volcan qui fume encore occasionnellement) du côté de Whakapapa, dont le forfait est jumelé avec Turoa, au sud du même volcan : 80 $ le forfait journée, et aucun moyen de magouiller ! Si l'on met de côté Tukino, petite station de club accessible seulement en 4x4, il ne reste après que Manganui, la station du mont Taranaki, le volcan à côté de New Plymouth. Et là ça commence à devenir intéressant : 25 $ le forfait étudiant et un domaine raisonnable.
Sauf que ce week-end, le Taranaki n'était pas assez enneigé, et la station était fermée. Direction donc le plan de secours, les pistes du Ruapehu sans prendre de forfait, de toutes façons, pour apprendre le snow, c'est largement suffisant !
Beau temps tout le long de la route, c'est là qu'on apprécie pleinement de ne pas aller travailler ce jour là ! Le Ruapehu semble un peu couvert de loin, et ça se confirme malheureusement au fur et à mesure qu'on approche. Pas de chance, les nuages campent et ne partiront pas de la journée... Arrivées en haut, et première constatation : il y a du monde, surtout pour un vendredi hors vacances scolaires. Deuxième constatation, ça parle français et japonais. Pour le reste, ça ressemble quand même plus ou moins à ce qu'on peut trouver en France, mis à part les villages stations, dont le concept est ici inconnu. Mais il y a quand même les ski bars et les restos d'altitude où tout le monde se réfugie dès qu'il pleut (ou qu'il neige, ça arrive) autour d'une bonne raclette ... euh, non pardon ... autour d'un hamburger frites ketchup bière.
Bref, nous, on s'en tiendra aux pistes vertes de la petite combe en bas de station, et ça suffira largement à nous occuper pour la courte journée : la station ferme en effet à 15h45 ! Retour dans la plaine désertique, et comme il pleut, qu'on est trempées, qu'on a quand même les gants et le matos à faire sécher, et qu'en plus on est le 27 juillet, on s'offre même le camping et sa cuisine - salle à manger chauffée, histoire de passer la soirée au chaud . Pour ne rien gâcher à ce chouette week-end, c'est samedi la fête du village d'Ohakune, en d'autres mots le carnaval de la Carotte (promis on invente rien !). S'il pleut, on saura quoi faire, y'a des concours de déguisements de légumes
Samedi 28 juillet : Beau temps !
On n'a pas eu à se creuser la tête très longtemps pour optimiser nos potentiels déguisements, le réveil du lendemain s'est fait sous un soleil éclatant, et malgré la couronne de nuages qui ceint la station de Turoa, on croit dur comme fer à une vraie journée de ski sous le soleil. Ptit dej avalé en vitesse, et le van attaque vaillamment la côte de 17 km (et 1000 m de D+) et réussit même à battre le record (cycliste) de 52 minutes ! Il y a encore plus de monde qu'à Whakapapa la veille, et on est déjà reléguées au parking n°3 ! Les nuages sont certes toujours là, mais devant la montagne ! ça nous prépare une excellente journée ...
On atterrit enfin à la station, déposées par la navette gratuite : c'est noir de monde, autant sur les pistes, au bar que devant les guichets de vente. Et comme il fait beau, on commence tranquillement par poser les snow dans la neige, s'asseoir dessus, et observer la situation. C'est plutôt agréable comme activité, surtout quand on chausse les snowboards pour apprendre/enseigner l'art des virages. La journée se déroule gentiment, puis progressivement, les terrasses se remplissent au détriment des pistes ... une dernière piste verte un peu plus fluide, puis vient l'heure de tenter sa chance : les skimen bavardent tranquillement devant les remontées, il reste 10 min avant la fermeture ... et hop ... personne n'a vu la ptite française qui est passée sans forfait
Yeepee ... enfin un peu d'altitude ! Le domaine a l'air chouette, mais pas vraiment enneigé : verglacé en haut (la faute au vent) et soupe en bas (neige à canons ramollie au soleil), des petits chemins étroits pas évidents à gérer pour les débutants (voilà pourquoi ils étaient tous sur « notre » piste en bas), et des pierres plutôt tranchantes qui affleurent partout ! Les noires excentrées qui faisaient rêver sur le plan sont fermées car noires ... de rochers, mais heureusement, il reste ça et là quelques traces de hors pistes pour attester de jours poudreux.
Bref, là n'est pas la question, il faut optimiser cet unique run : sentir le vent relatif, entendre la neige qui crisse sous la planche, et ne pas avoir peur des cailloux (vu l'état de la planche 3ième ou 4ième main) ... youhou ... génial ...
Pour un 28 juillet, on va dire que c'était vraiment une belle journée ! Prochains snowdays prévus pour nos vacances, c'est à dire ... le week-end prochain ... oui oui oui
Dimanche 29 juillet : un raccourci ?
Dimanche, mauvaise météo prévue sur tout le Tongariro, pas la peine de monter à la station, mieux vaut rester sur les bonnes impressions de la veille et espérer la poudreuse sur le Taranaki pour nos vacances la semaine suivante.
C'est donc parti pour une petite rando au pied du volcan, avec pour but les chutes de Waitonga, les plus hautes du Tongariro National Park (34m).
Les chutes en elles même valaient certes le coup, mais le must, ça a été de traverser les différents étages de végétation qui nous avaient tant marqué en montant à la station la veille. Premier étage : palmiers et fougères arborescentes en tout genre, le bush classique quoi. Deuxième étage : pins de Norfolk et quelques résineux. Troisième étage : végétation rase et désertique, typique des pentes de volcans néo-zélandais. Tout cela en une toute petite rando, et avec toute la discontinuité que l'on peut imaginer. Dommage que la visibilité sur la montagne enneigée soit si mauvaise, car l'on se serait alors crues au bout du monde (hum ... on y était ?).
Retour au van, il pleut, bof bof ... Il ne nous reste plus qu'à rentrer, par une route encore jamais prise, la SH4, entre Ohakune et Wanganui. Ça tourne et ça retourne, mais c'est beau : les vertes campagnes de Nouvelle Zélande dans toute leur splendeur
Retour sous une pluie battante à Palmerston, mais comme on est en avance, on a même le temps de passer visiter l'expo du Te Manawa (LE musée de Palmerston) sur les machines de Léonardo Da Vinci. Chouette, instructif, et bluffant : qui savait que Léonard avait déjà en son temps dessiné un vélo avec chaine et pédales ? Et comme en plus les mots italiens fleurissaient par ci par là, ça n'a rien gâché du tout !!
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