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Vendredi : Lakes & mountains
On vous avait prévenus, devant les dilemmes déchirants auxquels nous sommes confrontées chaque week-end, on va dorénavant essayer d'alterner plage et montagne (sans écarter la possibilité d'une combinaison des deux).
Et donc ce week-end, c'était montagne. Et tant qu'on y était, on a même choisi d'aller traîner autour du Mont Cook, le point culminant de Nouvelle Zélande, à 3700 m et quelques, en compagnie d'invitées venues du bout du monde ;-)
Bref, vendredi après-midi, la météo n'est pas checkée mais le van est prêt, alors on part, on a RDV à Twizel 5 heures plus tard pour planter le campement. On commence à bien connaître la première moitié de route, mais à Rangitata on bifurque vers l'intérieur des terres, en suivant avec plaisir les panneaux « Mont Cook ».
Les montagnes commencent à se rapprocher, et l'ambiance nuages sombres et soleil aveuglant (si répandue en Nouvelle Zélande) nous fait apprécier à leur juste valeur les superbes paysages. On a pris garde de remplir le réservoir au dernier endroit encore civilisé sur la route, et c'est donc très tranquilles (à la différence de nos invitées) qu'on attaque les quelques lacets menant à un immense plateau. Le van roule à merveille, on est presque en avance sur le timing, et les paysages défilent ...
Le plateau est plutôt désertique, mais les collines restent vertes sous la ligne de neige. Certes on aperçoit au loin de vraies montagnes toutes enneigées, mais il faut aussi jouer avec le ciel tourmenté qui tantôt nous perd dans la crasse, tantôt nous oblige à ressortir les lunettes de soleil en urgence.
Heureusement, on a plutôt l'impression de contourner la crasse au lieu de la traverser, et à 19h, on peut estimer l'avoir semée ! Un ciel bleu nuancé de rose commence à s'installer, et au détour de la route, on aperçoit enfin le premier des deux immenses lacs qu'on attendait avec impatience. Le ciel au dessus du Tekapo Lake et de la mini ville sur ses rives possède l'air le plus pur de tout l'hémisphère sud, et c'est d'ailleurs pour cela qu'on y vient l'observer depuis tout le pays. Quelques photos, mais on continue la route en sachant qu'on y reviendra.
Une cinquantaine de kilomètres plus tard, et le deuxième lac, Pukaki, apparaît dans notre pare brise. Les montagnes sont rosées, l'eau bleu clair opaque (on y reviendra plus tard), et Twizel n'est qu'à 11 km. Une ville moderne et petite sans aucun intérêt d'après notre Rough Guide, on n'hésite donc pas une seule seconde à s'installer sur le parking de l'I-site, à poser le van à 20m de la plage, et à contempler le coucher de soleil en attendant nos amies.
La magie du réchaud opère comme d'habitude, et une heure plus tard, nous sommes toutes à déguster nos noddles (les bonnes habitudes reprennent) dans l'obscurité naissante. Les frontales éteintes, on peut enfin contempler ce ciel magnifique, et découvrir la voie lactée et l'étoile du sud (entre autres).
Dodo tranquille, à deux vans, c'est chouette. C'est juste dommage qu'on n'ait pas de velux sur le van.
Samedi : Mont Cook
Réveil 7h30, la lumière est éclatante et passe même à travers les rideaux, qu'on s'empresse d'ouvrir en grand pour avoir la vue sur le lac. Il n'y a encore personne sur le parking, et le ciel est bleu azur.
Une heure à trainer dans le van qui réchauffe doucement (la nuit a été fraiche), et un ptit dej de roi se prépare. Abondance de pain, confitures, jus de kiwi, d'aloe vera, bananes, kiwis et cookies ! Le tout sur une table de picnic, avec vue sur le lac Pukaki et le Mont Cook au loin ... Difficile de mieux faire ...
La journée s'avance, et les cars arrivent au fur et à mesure, et après avoir gracieusement fait quelques photos de groupe pour les tours operators, il est temps de se diriger vers le but de la journée.
Direction le Mont Cook, et la route est très plaisante, le long des rives du lac ... très bleu ...Arrêt à l'office du tourisme pour checker les randos, mais notre choix est déjà plus ou moins arrêté : la Hooker Valley pour ses deux « swinging bridges » en 4h, le Tasman glacier et ses blue lakes en 2h, et si on a le temps les Pukaki boulders. Tout ça fait un programme bien chargé !
Le village du Mont Cook est petit (mais ça on s'y attendait), mais surtout il paraît écrasé sous les glaciers qui recouvre les parois. La glace commence à prendre le soleil rasant, et les séracs bleutés scintillent doucement. 2 km de gravel road, un parking déjà bien plein, (et en travaux !), les sacs sont prêts, les chaussures lacées, et on démarre en trombe. 5 bonnes minutes, et la première pause est en vue : un lookout sur le lac glaciaire. Puis vient le premier pont « balancant », en dessous duquel les kayaks jouent dans le courant. Une fois au milieu, la traversée est tout de même beaucoup moins stable, et les vent qui commence à souffler n'arrange pas les choses.
La rando paraît assez plate, mais n'en est pas moins intéressante et jolie. Le chemin suit la vallée qui longe l'ancien glacier (maintenant à l'état de lac, global warming, etc etc), puis s'accroche à la falaise pour surplomber la rivière, et enfin replonger de l'autre côté grâce au deuxième pont de singe. Devant, le Mont Cook et ses glaciers impressionnants, derrière, la vallée qui s'élargit jusqu'au lac Pukaki. On (enfin je) attend avec impatience que des blocs de glace se détachent et tombent dans le lac, mais ça ne sera sans doute pas pour aujourd'hui.
Il reste encore une petite demie-heure jusqu'au lac où sont censés flotter quelques icebergs. Un petit passage à gué pour faire mumuse de caillou en caillou, une cabane-refuge dépassée, et enfin le lac apparaît entre deux rochers. Les icebergs sont là, mais pas vraiment de la taille propre à faire sombrer un titanic. Pas grave, on s'installe au soleil, protégées du vent par un gros rocher, et le lunch peut commencer comme il se doit. Sandwiches avec plein de choses dedans, ça fait du bien !
Une fois rassasiées, retour par le même chemin, avec un peu plus de soleil et surtout beaucoup plus de vent. Arrivée au parking, les deux vans sont encore toujours là, et on enchaîne direct vers le glacier, avec cette fois 8km de gravel road. La route est cependant plutôt propre, et part en direction de la vallée, en traversant ce qui est maintenant une partie du lac Pukaki asséchée. Quelques mousses ont repoussé ça et là, et on se croirait presque sur les flancs du Ruapehu.
Quelques nuages de poussière soulevés plus loin, la parking est en vue, à côté d'un bel abri, et deux panneaux indiquent des directions presque opposées. On commence par le lac aux icebergs (encore un), en 20 minutes annoncées. Facile, on y est vraiment vite, mais les icebergs sont vraiment très gris, et ressemblent plus à de gros rochers sales qu'à la belle glace bleue des séracs de la matinée. Le lac en lui-même semble au milieu d'une grande carrière abandonnée, et l'on comprend progressivement que le lac se meurt, tout comme sans doute le glacier qui l'a précédé.
Le paysage n'est pas vraiment magnifique (en tous cas dans un rayon de 100m), alors on se rabat rapidement sur les blue lakes, fléchés de l'autre côté. L'environnement change radicalement, et le soleil écrasant ajouté à la végétation méditerranéenne pourrait nous transporter en Corse. Le premier lac est superbe, mais cependant plus vert que bleu. Pause au bord de l'eau, et heureusement, on décide de suivre le sentier pour en faire le tour. Sauf que le sentier en question ne fait pas le tour du lac, mais s'enfonce dans les broussailles épineuses pour laisser découvrir un second lac, cette fois-ci un chouilla plus bleuté. Et ainsi de suite ... On découvrira de cette manière 7 lacs, chacun ayant sa nuance propre entre le vert et le bleu ...
Jusqu'à ce que l'impasse arrive. Retour donc par les sept lacs, et il nous reste une dernière ballade, celle du glacier. En gros celui qu'on a attendu avec impatience toute la journée. Quelques marches plus tard (oui ça a monté un peu), on sent la vue approcher, on court presque vers le point de vue ... et un panneau « Where is the glacier ? » nous accueille froidement. Car en effet il n'y a pas de glacier en vue ... Disparu ! En lisant le panneau, on apprend donc qu'il se trouvait sous nos pieds, mais il y a de cela une centaine d'années. Maintenant une sorte de carrière poussiéreuse le remplace, tristement ...
Tant pis pour nos rêves de glace bleue, de crevasses et de cordées, la journée est déjà bien avancée, et elle a été tout de même bien remplie, mais il nous reste encore des gros rochers, mecque locale des grimpeurs de blocs, à aller voir. Et ça tombe bien, c'est sur la route de notre campement de cette nuit. Notre convoi de vans est donc reparti, dos au Mont Cook (mais on en a quand même très bien profité toute la journée), en longeant de nouveau les rives du lac Pukaki.
Après 30 minutes d'attention maximale, le panneau Pukaki boulders apparaît enfin, les vans sont garés, et on attaque les 10 min pour trouver les gros rochers. C'est assez vite chose faite, et on remarque en effet les drapeaux himalayens flottant au vent, puisque l'endroit porte une plaque commémorative en mémoire de guides néo-zélandais disparus dans le massif de l'Himalaya.
Un peu d'escalade, beaucoup de bêtises en tout genre, et il est temps de repartir vers les van pour se lancer à la recherche d'un terrain de camping gratuit avec toilettes et eau potable indiqué par notre guide. 1h et quelques essais infructueux plus tard, et nous y sommes ! Cela valait assurément le coup de chercher un peu, car une fois installées, nous étions au paradis. Vue dégagée sur le massif du Mont Cook, depuis les rives du lac Pukaki, le tout autour d'un grand feu de joie ! On a rarement passé aussi bonne soirée, bon menu, bonne ambiance, paysages à couper le souffle, et sécurité du campement ... Merci à celles qui se reconnaîtront !
Dimanche : Lakes
Réveil sous le soleil, mais nos voisins campeurs sont déjà partis. Serait-il si tard que ça ? Pas vraiment, mais on essaie de ne pas perdre trop de temps. Petit déjeuner formule buffet à volonté juste à côté de notre ancien foyer, préparation du lunch de midi, on lève le camp pour aller faire le plein (histoire de ne pas tomber en panne au milieu de nulle part), et direction l'autre lac voisin, le Tekapo Lake, à cinquante kilomètres de là.
Route désertique pendant 40 minutes, 10 minutes d'arrêt à l'office du tourisme pour vérifier les randos comme d'habitude, on se fait préciser le point de départ de celle que l'on a sélectionnée, et c'est parti. 4h aller-retour pour monter jusqu'à l'observatoire de Mont Saint John (rappelez-vous, nous nageons dans l'air le plus pur de l'hémisphère sud).
Ça commence par une ballade tranquille le long des rives du lac, puis mine de rien, ça monte et ça descend ... Le paysage s'ouvre progressivement sur toute la superficie du lac et sur sa péninsule, et subitement, virage à gauche, et on attaque la montée (la vraie) pendant une bonne heure. Le sommet se fait désirer (car c'est vraiment raide), mais une fois en haut, la vue est superbe. Le vent est aussi beaucoup plus fort, et la salade de pâtes a tendance à s'envoler de façon inattendue ...
Bref ... ça commence à fraîchir sérieusement, et on lève le camp assez rapidement. Descente aussi raide (voire plus) que la montée, mais une fois à l'abri dans la pinède, la marche se fait plus agréable, et c'est sous le soleil à nouveau que l'on regagne les rives bleues du lac.
Arrêts touristiques, c'est à dire à la petite église en bois avec vue imprenable sur le lac, puis devant la statue du chien célèbre de Tekapo, une dernière petite ballade pour rejoindre Pines Beach et profiter une dernière fois des nuances de bleu, et c'est le retour pour nous, après un magnifique week-end bleu !
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