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Itinérances : Annuaire des Voyages et des Activités de Plein Air



horloge parlante

20/10/07 Penguins week-end !

Samedi : bleu et jaune

 

Il fait beau, très beau, on n'a pas eu le temps de réparer la direction du van (les virages sont musclés), mais on s'en fiche, on va voir les pingouins ! Le van est déjà presque prêt, il ne reste plus qu'a charger la nourriture, et c'est parti !

 

La route se fait plutôt facilement, et trace tout droit à travers les plaines. Le ciel est très clair, et les montagnes enneigées se succèdent à l'arrière-plan. Quelques petites villes traversées, le van a l'air de bien rouler, tout va bien, il nous reste encore une centaine de kilomètres de ce road trip ... la vie est belle ...

 

Arrivée à Oamaru pour le goûter, et nous sommes déjà impressionnées par cette petite ville toute en longueur et ses rues (très) pentues qui gravissent la colline. Un premier pingouin nous accueille à l'office de tourisme, et nous indique où rencontrer ses potes.

 

 

Alors c'est simple, il y a deux colonies de pingouins à Oamaru, et c'est chacun sa plage et ses horaires. Les « yellow eyed » colonisent la « vraie » plage, et rentrent de la pêche à partir de 17h, tandis que les « blue » ont choisi une sorte d'ancienne carrière aménagée par de gentils humains (qui font du coup payer pour les voir) et rentrent seulement à la nuit tombée, à partir de 20h.

  

Le moins qu'on puisse dire, c'est que les yellow eyed sont les plus malins, car leur plage est la plus belle ! Sable ocre, palmiers et flax le long de la petite falaise, voire même quelques phoques pour rigoler après la journée de boulot ... ils ont tout compris ... ;-) (cherchez le pingouin caché)

 

 

La plage est interdite d'accès lors du passage des pingouins, et le public curieux est invité à rester sur un petit sentier à flanc de falaise, ou bien à se poster dans des abris pour observer les bêbêtes. On vient à peine d'arriver, il ya déjà une bonne dizaine de personnes, et d'un coup c'est l'agitation : un pingouin vient progressivement vers la plage en s'amusant dans les vagues. Un petit temps d'observation, et la plage doit lui sembler sûre, puisqu'il avance dorénavant à découvert sur le sable, en se dandinant comme je l'ai toujours imaginé (!). On entend vaguement ce qui doit être le petit qui réclame à manger quelque part dans la falaise. Le temps de tourner les yeux vers la plage, et le pingouin a déjà disparu dans le bush.

  

Pas grave, on prend cette fois-ci le temps de se poster dans un endroit avec une vue optimale, de préférence au soleil, et on attend patiemment. C'est la quête pour tout le monde, et le moindre pingouin déclenche à chaque fois une vague d'agitation, surtout chez les touristes asiatiques aux zooms énormes.

 

Pas de risque de « rater » un pingouin donc, mais ce qu'on ne tarde pas à découvrir, c'est que ces petits animaux (75 cm) qui n'ont pas l'air très à l'aise sur terre sont tout de même capables d'escalader des pentes très raides pour atteindre leur nid (et leur famille) ... et en montant ils en deviennent du coup beaucoup pus accessibles (pour des touristes à zoom classique). On a eu la chance d'en apercevoir un à moins de 10m de nous, dans le bush.

 

 

 

Quant à celui-là, qui n'avait sans conteste pas d'yeux bordés de jaune, et une fourrure tirant sur le bleu, on en a déduit soit qu'il s'était perdu, soit qu'il avait décidé de vivre sur la belle plage avec des horaires plus cools (ce dont on ne peut le blâmer !).

 

 

 

Il a toujours un peu trop de monde humain pour nous, alors on poursuit un peu sur la falaise pour arriver sur une autre baie rocheuse. Pas de nouveaux pingouins (et pourtant on les a cherchés), mais deux ou trois phoques paresseux qui se réchauffaient la fourrure aux derniers rayons du soleil, c'est déjà ça et, de toutes manières, toujours amusant. La côte pacifique se révèle encore mieux sous les rayons rasants du soleil, et l'océan prend des couleurs surréelles, à mi-chemin entre l'émeraude et le turquoise profond. Le spectacle est magnifique.

 

 

Retour sur la plage des pingouins, et par chance, on en surprend un en pleine ascension, qui ne nous a pas encore remarquées. Il a l'air plutôt vaillant et courageux, et enchaine assez bien les multiples marches rocheuses. Qui l'aurait cru, des pingouins escaladeurs ?

 

 

19h, un dernier regard vers cette superbe plage, et on remonte tranquillement vers le van, qui lui-même nous remonte en trombe au sommet de la colline. Diner léger et tranquille en surplombant la ville, échafaudage de plan, et à 19h30, on prépare le sac : les deux frontales, le plan de l'office de tourisme où quelques vagues sentiers de rando sont tracés en pointillés, un veste coupe vent chacune, et on est parties.

  

Les pingouins sont peut être payants à regarder depuis l'ancienne carrière, mais nous on a décidé de les observer d'ailleurs, par un petit sentier censé surplomber la plage et nous mener au même endroit que tous les autres spectateurs. Il faut donc dégringoler la colline à travers la pinède, et arriver en face de l'immense océan pacifique juste pour le crépuscule. Il n'y a personne à part nous deux, seuls les oiseaux et les grillons se répondent, ça sent l'été de partout ... nous sommes dans l'île du sud ...

 

 

Notre intuition était bonne, nous arrivons exactement sur la plage aux pingouins, mais par l'autre côté. On évite quand même de se faire voir par le public (et surtout les organisateurs), et comme tout le monde, on attend les petits pingouins bleus. 30 minutes plus tard, et la première vague arrive : une quinzaine débarquent, tous ensemble, en « gang ». Contrairement aux autres, ceux là vont très vite sur le sol, car restant « à quatre pattes » (dont deux nageoires, quand même). Les vagues défilent, et sans aucun doute la centaine est atteinte dans la soirée, mais l'obscurité et l'éloignement nous empêchent de tout voir. On a beau scruter la plage juste en dessous de nous, mais pas de pingouins en vue, ils doivent vraiment tous habiter à l'hôtel des hommes ...

 

Retour sous la lune et les étoiles, notre maison bien douillette nous attend, et en plus on peut même rester dormir en haut de la colline, au plus près du ciel, près d'un autre van.

 


 

Dimanche : briques et rochers

 

Réveil pas trop tard, la nuit a été agitée par une mini tempête (en même temps dormir sur une colline, on pouvait s'y attendre), et comme le van a un toit surélevé, c'est certes plus pratique pour jouer aux cartes à l'intérieur, mais ça fait aussi plus de prise au vent ...

 

En tous cas au matin le ciel est nettoyé, et on se prend un petit déjeuner de reines au soleil, 200 m au dessus de l'océan pacifique. La vie est toujours belle.

 

 

Programme de la matinée, visite de la ville d'Oamaru, quelques 10 beaux bâtiments en pierre, c'est suffisamment rare en Nouvelle Zélande pour ne pas passer à côté. Et la ville qui a l'air endormie le long de sa grande rue principale se révèle en fait agitée par de petits commerces et ateliers mi-intérieurs mi-extérieurs, entre deux murs poussiéreux aveuglants de soleil, au son d'un vieux piano désaccordé ... On y passera finalement 4 heures, à butiner de l'atelier du sculpteur à la brocante, des gâteaux faits maison en vente sur un vieux bureau d'écolier à l'atelier de costumes d'époque, en passant par une myriade de boutiques organisées en galerie sous les combles d'une vieille maison.

 

 

Les vrais bâtiments étaient de toutes manières remarquables, et on s'est quand même permis de visiter le musée, la galerie d'art, et l'entrepôt de whisky (hum ...).

 

Lunch à l'espagnole dans le jardin botanique en partageant avec les canards, petite ballade digestive sur place, et on reprend le van vers les Moerakis boulders, 40 km plus au sud. Bien entendu, la route côtière est une nécessité lancinante (arrivera t'on à se passer de l'océan Pacifique une fois revenues en Europe ?), et bien entendu il est impossible d'être déçues. Les grandes baies au sable d'or se succèdent, vides ... et toujours l'océan nous hypnotise par sa couleur verte dont le regard ne peut se détacher.

 

 

Arrivée au Moerakis boulders, pas grand monde sur le parking, 10 min de marche sur la plage pour atteindre ces étranges boules semblant être échouées. Rien à voir en fait, elles descendent tout droit de la falaise, détachées par l'érosion, et nées du centre de la Terre (ou pas loin en tout cas). C'est impressionnant, certaines vont jusqu'à 4m de circonférence, et leur forme sphérique est d'une perfection qui ne peut qu'être naturelle. Celle qui sont brisées sous l'effet des vagues laissent découvrir des cristaux intérieurs, recouverts par des crustacés de toutes sortes ... On peut alors poser à m'intérieur, se croire dans un bateau de pierre à l'abri de la marée montante, ou encore chasser les crabes pris au piège à l'intérieur ...

 

 

Ramassage de coquillages (vides) et pierres friables dont on peut arracher des morceaux à la main (trop forte !), puis retour au van pour pousser encore quelques 10 km plus au sud, dans la réserve de Shag point, pour retrouver ... des pingouins et des phoques ...

 

Route côtière encore et toujours, coincée entre la falaise de la péninsule, et les petites maisons colorées en bord de mer. La route continue, se fait plus cahoteuse, le goudron laisse place au gravier, et on passe les barrières de la réserve. Le paysage s'est depuis peu fait beaucoup plus sauvage (comment était-ce possible ?), et le parking improvisé est au milieu d'une lande jaune de genêts. Deux sortes d'animaux, deux directions différentes, et on choisit bien sûr celle des pingouins en premier. Deuxième type de barrière à passer (pour les piétons), petit sentier jusqu'à l'observatoire en surplomb de la plage, puis attente ... Moins de monde qu'à Oamaru, et en tout cas, tout le monde est plus respectueux, ça chuchote seulement ...

 

 

Un œil perçant en voit un qui dérive lentement dans les vagues, et tout le monde suit les évolutions du pingouin, le souffle coupé pour ne pas lui faire peur. Un petit quart d'heure plus tard, le-dit pingouin décide de tâter le sable, et c'est encore une fois un grand spectacle de la voir progresser. La plage est de plus moins facile que celle d'Oamaru, il lui faut enjamber les algues et sauter sur les rochers. Mais il y a gagné un public ravi et attentif !

 

Une fois le pingouin rentré au nid, on décide d'aller dire bonjour aux phoques, perchés eux-aussi sur leur île rocheuse. C'est dommage, on n'en verra aucun escalader (et pourtant ça devait être intéressant), juste un sans doute moins paresseux que les autres, qui s'est laissé glisser avec élégance le long du rocher, pour aller faire une petite nage digestive. Il n'a d'ailleurs pas arrêté de nous faire des grands saluts de nageoires en tournant autour de son rocher !

 

Le soleil décline lentement, il est temps de mettre en route le réchaud, et de manger nos noddles assises dans notre van. Peu de voitures restent, excepté un camping-car, avec deux VTT arrimés à l'arrière, habité par un couple de hollandais pas si jeunes que ça. Ils ne semblent avoir peur de rien, en sont à leur troisième semaine de vagabondage en Nouvelle Zélande sur quatre, et prévoient d'aller passer un dernière semaine en Australie avant de repartir en Europe. Chouette tout ça. Et en tous cas ils décident de dormir ici. Et on peut donc faire de même avec plaisir (même si c'est interdit mais chut).

 

 

La soirée s'avance tranquillement sous un ciel violacé au couchant, entourées de phoques et de pingouins. Peut on rêver mieux ? En fait oui ... si la tempête nous avait épargné pendant la nuit, ça n'aurait pas été plus mal. On a rarement entendu et senti un vent aussi violent depuis qu'on est en Nouvelle Zélande, et on en a presque regretté notre van au toit confortable et haut. On apprendra plus tard que plus au sud de l'île, quelques camions ont été couchés, et des toitures arrachées. 

 


 

Lundi : chaud et venteux

 

Mis à part notre nuit blanche, rien de bien méchant, et au petit matin, le ciel est bien entendu nettoyé (et pour cause, le ménage a duré longtemps), mais le vent est toujours là ! Un petit bonjour aux phoques, et on essaie de déménager vers l'entrée de la réserve au cas où ça serait un peu plus abrité. La différence n'est pas flagrante, mais on découvre une petite anse colonisée par les phoques, que le vent n'a pas l'air de perturber plus que ça. L'océan n'en finit pas de briller et l'écume de s'envoler en bourrasques. Les herbes sont pliées et l'ensemble bruisse, en accord avec les tons graves des vagues qui se brisent sur les rochers. Magique.

 

 

Il faut bien partir, mais on ne tient pas 20 minutes sans craquer, et on refait une pause plage pacifique, justifiée en vrac par le petit déjeuner, la couleur de l'eau (même cause, même effet), les coquillages à collectionner, et les coquilles saint-jacques à ramasser (prétendument). Seule la dernière excuse était bidon, ou alors on se savait pas comment s'y prendre (mais on va apprendre, parce qu'on aime plutôt bien les « scallops »).

 

 

Cette fois il faut vraiment reprendre la route, et seules les routes buissonnières qui nous rapprochent de la côte seront notre déviation du droit chemin. Arrêt à Timaru (près de la plage) pour prendre le lunch et respirer un peu l'air frais. Il y a toujours autant de vent, mais au moins l'air est moins chaud qu'à l'intérieur du van !

 

Retour tranquillement vers Christchurch en se permettant un petit détour par le grand lac d'Ellesmere, tout ridé de vagues.

 

Vive le Labour day !


Publié à 11:22, le 20 octobre 2007 dans On the road again
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Commentaire sans titre

ouaaaaaaaaa trop beau le pingouin =)

Publié par fl0wer à 08:08, 26 novembre 2007

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