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Je n'ai pas encore parlé de mes collocs, Stacey et Alistair (mais ça ne saurait tarder), mais en un mot, ils sont vraiment adorables ! Et comme ils sont tous les deux originaires de la West Coast, ils ont décidé pour ce week-end de me faire découvrir l'autre versant de l'île du sud (Christchurch étant située sur la côte Est).
Départ vendredi soir bien tard (à cause de mon boulot), et c'est parti pour 3 heures de route dans le noir absolu : y'a déjà pas beaucoup de monde dans l'île du sud (1 million d'habitants seulement), alors dans les montagnes encore moins. Alors certes je n'ai pas beaucoup profité du paysage (mais on me promet des merveilles pour le retour), mais au moins j'ai eu droit à un arrêt en plein milieu de nulle part, sans aucune lumière parasite, sous un ciel étoilé comme je n'en ai vu qu'une seule fois jusqu'à présent (dans le cirque de Gavarnie une froide soirée d'hiver), mais dans l'hémisphère nord. Et admirer la Southern Cross dans ces conditions était tout simplement ... magique ...
Arrivée vers minuit chez les parents de Stacey, où mon lit et sa couverture électrique toute chaude m'attendent avec impatience (c'est réciproque !).
Samedi 15 septembre : whitebait !
Lever vers 9h30 (oui j'ai honte) et direct dans la cuisine chauffée grâce au poêle à charbon (un des rares derniers autorisés dans la région, car le papa de Stacey était mineur) pour prendre un rapide petit déjeuner. Le-dit papa est déjà parti à la pêche aux minuscules pissons qui valent de l'or (plus de 100$ le kilo), alors on se dépêche pour aller le rejoindre. « Going whitebaiting », ça a l'air simple comme ça, poser ses filets et attendre, mais c'est en fait tout un art, qui généralement dure la journée. Il faut d'abord repérer le bon coin, et surtout surveiller les poissons, grâce à un fond blanc (généralement des morceaux de tôles ondulée placés au bon endroit) et à des lunettes de pêche (j'avoue que je ne savais pas que ça existait). Ça n'a pas l'air d'être un jour formidable, et ça n'est pas mieux chez les autres (que Stacey connaît tous). Y'a bien un papi qui nous baratine sur « the big show », une journée extraordinaire il y a 7 ans, mais bon ...
Ballade sur la plage, le long de la mer de Tasmanie (nettement plus belle dans l'île du sud que dans l'île du nord) avec un chien fou, puis il est temps de rentrer à la maison déguster les crêpes françaises que j'avais préparées. Ça va, tout le monde a aimé, mais forcément, si j'avais eu un bout de roquefort à glisser dedans, j'aurais eu un plus franc succès.
Le temps à l'air de se mettre au bout, alors sur la West Coast, il faut en profiter ! Après une ballade touristique et instructive dans LA ville du coin (sinon faut faire 100 km minimum dans toutes les directions), Greymouth (je dirais à vue de nez 30 000 hab, et encore), marquée par les inondations successives (nous sommes sur la West coast) et les tornades occasionnelles (idem), direction les Punatangi Pinnacles, des gros rochers empilés et troués dans lesquels la mer vient exploser à chaque vague (c'est du simplifié hein ...).
Alors bien sûr c'est beau, et bien sûr il commence à pleuvoir des gouttes énormes ... à tel point que je le fait remarquer à Stacey et sa maman, qui éclatent de rire en me disant bienvenue sur la West Coast ... Ah ... OK ... Le sentier est vraiment beau, très bien entretenu, mais a priori ce n'est pas un bon jour car la mer ne fait pas de « bruit » en s'engouffrant dans les rochers. Pas grave, j'ai 6 mois pour y revenir...
Retour vers la maison en suivant la côte découpée (très jolie), le temps se remet progressivement au beau, et du coup pour finir la journée, il est décidé de faire la ballade qui a bercé l'enfance de 3 générations dans la famille de Stacey, la Coal Creek valley. 1h et quelque aller retour, pour arriver à travers le bush et les collines à la rivière et ses chutes d'eau majestueuses, où tous les enfants du coin se sont amusés à escalader puis glisser. Il fait maintenant vraiment beau et chaud, et c'est vrai que ça donne envie de se baigner
L'après midi avait vraiment été très intéressante, mais le meilleur reste encore à venir, puisque ce soir je vais enfin déguster ces whitebait ! J'ai assisté à toutes les étapes de la recette (facile cela dit), et bien entendu j'ai goûté aux « patties ». Délicieux ! je n'irai pas jusqu'à dire que ça vaut son prix (très) élevé, mais c'était vraiment bon ! Toute la famille était d'ailleurs soulagée que ça plaise, car ç'aurait été dommage d'avoir passé toute la journée à m'en parler sinon
Soirée tranquille au coin du feu (de charbon) devant la télé, chacun avec sa bouteille de vin (ou ses nombreuses bouteilles de bière). Moi, je le plie bien sûr aux coutumes locales, alors j'ai fait comme tout le monde, j'ai siroté ma bouteille de spumante néo-zélandais (on fait comme on peut pour retrouver un goût d'Europe à l'autre bout du monde) toute seule. J'ai bien tenté d'en offrir à tout le monde, mais manifestement, ça ne se fait pas comme ça ici ... J'ai réussi à ne pas leur faire honte car j'ai réussi à la finir (heureusement que la soirée est longue en NZ), mais Stacey avait déjà enchaîné sa quatrième cannette de bière après sa bouteille de Lindauer (sorte de champagne local). J'aurais mieux assuré si c'était du vrai vin, mais bon, ça sera la prochaine fois
Dimanche 16 septembre : « nice to meet you ! »
Dimanche, lever tardif (mais pas de hangover!), et à 11h on décolle pour partir me faire visiter un vieux village reconstitué (oui oui, il y a des vieux villages en NZ). Sauf qu'en chemin, on s'arrêtera plusieurs fois pour visiter la famille, et je connais donc maintenant les cousins (et leur adorable petite fille), les beaux-parents, la belle sœur, le beau frère, la tante et l'ancienne maison de l'arrière grand mère ! Après tout ça, entrée dans le village du temps des chercheurs d'or (il y a encore quelques mines d'or et de charbon dans le coin) avec tous ses vieux monuments et son train à vapeur.
On s'est balladées à travers l'ancienne mine d'or (mais je n'ai pas trouvé de pépites ), on a visité entre autres la prison (de loin mieux plus confortable que la plupart des autres habitations), la banque (avec ses bascules pour les pépites), le pub, et l'hôpital. Valait mieux ne pas avoir de rage de dents à l'époque, croyez moi !
On a même essayé le train à vapeur, qui a eu quelques difficultés à gravir la pente : on s'est arrêté en plein milieu pendant 10 min, le temps sans doute de recharger en charbon la machine, mais en NZ les gens sont cools, et finalement c'était plus amusant qu'autre chose (c'était pas censé être la SNCF non plus). Sur le retour ça allait puisque tout était en descente ... et heureusement les freins ont marché comme il fallait.
Bref, il est déjà 15h quand on ressort, et on a juste le temps de revenir, faire les sacs, remercier comme il le faut mes hôtes charmants (et aller visiter la grand mère), pour faire le retour, mais cette fois de jour ! Pas de ciel étoilé donc, mais des paysages à couper le souffle : montagnes et bush côté est, avec tous les précipices, les cascades et les ravins énormes qui vont avec, et montagnes toujours, mais plutôt « alpines » au sens européen du terme côté ouest : petits chalets en bois, résineux, stations de ski accessibles qu'en 4x4, quelques sommets enneigés, pour finir en une longue descente vers la plaine de Canterbury. Y'avait des panneaux de départ de rando partout, quelques refuges aussi sur la route, et les mollets me démangeaient ! Vivement le prochain week-end !!
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