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Vendredi soir : tempête de neige
Vendredi après-midi, l'usine semble s'être assoupie, les ouvriers partent tous à 14h30 (si ce n'est plus tôt), le patron prend l'apéro classique pour préparer le week-end, et nous sommes dans les starting blocks depuis la matinée.
15h30 enfin, bye bye le boulot, le temps de dire « See you Wednesday » aux rares courageux qu'il reste encore à l'intérieur, et hop, direction la maison pour effectuer un chargement minuté du van.
Une heure plus tard, toutes les provisions réservées à nos futurs invités ont trouvé une place sous notre lit (il est quand même grand ce ptit van !), et c'est lestées d'au moins 50 Kg supplémentaires qu'on prend la direction d'Auckland. Premier problème, par où on passe ? Parce que ça n'a pas l'air si évident que ça sur la carte, et le plus court chemin est d'emblée écarté : cette route, on en a entendu parler, et il est hors de question qu'on fasse du tourisme le long d'une rivière sinueuse. On se décide pour un compromis grandes routes/optimisation du kilométrage, et c'est parti !
Une heure et demie plus tard, il fait nuit, et le vent commence à se faire sentir aux abords de la Desert road. Le néon lumineux indique qu'elle est bien ouverte, on y croit donc, en avant le van ... Sauf que des petites gouttes commencent à s'écraser sur la pare brise ... puis le vent forcit jusqu'à forcer à conduire en le contrant continûment ... et comme on pouvait s'y attendre, le halo des phares venant d'en face révèle une ... tempête de neige. Les flocons tombent à l'horizontale selon une curieuse loi de la gravité éolienne, la route commence a blanchir légèrement par endroits, on se gèle à l'intérieur, et la bonne nouvelle, c'est qu'on attaque la fameuse partie où les panneaux « caution, ice during winter » se succèdent. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'on croisera 2 chasse neige, l'un roulant et l'autre attendant sur un chemin perpendiculaire, alors qu'on n'avait pas encore dépassé la moitié de la longueur de la Desert Road.
Et bien curieusement, le van s'en est plutôt bien sorti pour sa première (en tous cas entre nos mains). Et c'est rassurées que nous nous sommes offertes le luxe d'une première part de quiche (qu'on avait mis à réchauffer sur le moteur) à Turangi, après être sorties de cet enfer. Le deuxième morceau n'a pas été long à suivre, et c'est grâce à ce carburant écologique fait maison qu'à 23h30, nous avons enfin pu couper le contact quelques kilomètres après Hamilton, en ayant dépassé notre cible initiale !
Samedi : Marches et marché
Un sommeil réparateur de 6 heures à peine, blotties au fond d'un lotissement, et c'est le réveil strident qui nous sort de notre nuit à 7 du mat le lendemain. Tartines et café avalés, vite vite, il nous reste une centaine de kilomètres jusqu'à Auckland, mais l'on tient absolument à visiter le plus grand marché polynésien/maori du monde, dans la banlieue sud d'Auckland, qui commence à se disperser vers 9h.
Le temps, plutôt maussade au petit matin s'éclaircit peu à peu, commence à réveler un paysage plutôt vert et agréable, et les premiers petites collines typiques de la région d'Auckland apparaissent. Nous découvrons même le luxe de rouler sur une « motorway », et à la sortie « Otara », nous ... sortons . Quelques tentes aperçues au loin sur un grand parking nous guident, et c'est finalement pas tellement rassurées que nous garons le van sur un parking bondé, au milieu d'une foule grouillante 100% maori.
Le marché est vraiment authentique, et nous sommes les seules blanches dans cette banlieue d'Auckland, la plus défavorisée. Il y a de tout, les fruits et légumes bien sûr, mais aussi des vêtements (de marques maori bien sûr), du matériel hifi, plein de petits stands ambulants pour manger, et forcément, beaucoup d'artisanat ! Le but était de goûter le « hangi », une préparation à base de viande, cuite à même la pierre, mais finalement, nous sommes reparties avec une natte en flax histoire d'habiller nos futurs murs ! Interesting ...
Etape suivante, tant qu'on est dans le sud d'Auckland, un point de vue sur la plus grande ville du pays, et surtout la seule au monde à donner sur un océan (Pacifique) et une mer ( de Tasmanie) en même temps. Les petites collines qui parsèment Auckland sont en fait de vieux volcans éteints depuis 20 000 ans, et les 49 « monts » ont chacun leur particularité, ce qui leur vaut maintenant d'être surprotégés par la ville (inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, etc etc). Bref, celui qu'on a choisi est quasiment sur notre route, ça tombe plutôt bien. Le parc du « One tree hill » est immense, très aéré, abrite comme il se doit quelques moutons, et son volcan éteint comporte en fait trois vieux cratères. Le point de vue, coiffé d'un obélisque, est magnifique : Auckland paraît immense, le centre ville assez restreint et concentré autour de la SkyTower (mais on est trop loin pour apercevoir quelques éventuels sauteurs fous), et, effectivement, l'eau est omniprésente. Pas étonnant qu'Auckland se targue d'être un ville à deux bateaux par habitants : il y a vraiment de quoi faire !
Après cette petite oxygénation, direction enfin le centre ville, histoire de tester pour de vrai les grattes ciel, les jumpers fous et tout ce qui se dit d'Auckland. Quelques détours et demi tours plus tard, enfin le van est garé, et nous sortons du parking (souterrain) pour atterrir en plein milieu d'une petite rue piétonne : les tables de café sont à l'air libre autour d'une fontaine, des noms de restos italiens fleurissent ça et là, et le soleil montre le bout de son nez ... Auckland ?
Une centaine de mètres plus tard, nous y voici vraiment, les larges artères se coupent à angle droit, montent et descendent, la Queen street grouille sur ses trottoirs, et même la SkyTower joue à cache cache derrière les autres buildings. On se laisse tranquillement enivrer par le bruit et l'agitation, et on se dirige à vue vers la SkyTower. « next jump : 2 min », indique le néon rouge ... on lève le nez, et effectivement, nous sommes juste à l'heure pour suivre les deux rebonds élastiques successifs (à vue de nez, 30-50 m), puis la chute libre « guidée et accompagnée » jusque 300 m plus bas. Les sauts s'enchainent, et après un tour à l'I-site, dans le même bâtiment de la skycity, on décide de profiter de notre dernière demie heure pour se balader vers le port.
Le temps de se diriger vers notre point de rendez-vous, de récupérer le snowboard tant attendu (héhé), de faire un petite sieste, et il est déjà 16h ! Plus qu'une heure de jour, on enchaine donc la tournée des campings en prévision de nos hôtes de demain : le deuxième visité semble convenable, donne sur la plage, et est situé dans la banlieue chic d'Auckland, sur la péninsule de Davenport, accessible soit en ferry depuis le centre ville (10 min), soit par de Harbour Bridge, qui « traverse » le Pacifique ! On en profite pour nous aussi visiter, plus particulièrement le mont Victoria sur le bout de la péninsule. Voir Auckland de l'autre côté du Pacifique, toute illuminée au crépuscule, c'est assez magique !
Et pour une fois qu'on est dans une ville où tout ne s'éteint pas à 6h, on va en profiter ! re-direction le centre ville, pour cette fois faire des photos de nuit, visiter à nouveau un peu, et même aller traîner dans les quartiers « chauds » (ou presque). La fameuse Karangahape road nous attire par tout ce qu'on en raconte, et c'est le but inavoué de notre longue ascension de la Queen street. Beaucoup de monde dehors, quelques magasins encore ouverts à 20h (du jamais vu en Nouvelle Zélande), et pleins de petits restos bien sympathiques. Notre choix s'arrête sur un café turc, pour manger une ...pizza, qui vend sa sauce tomate maison et surtout sa mozzarella (jamais vu non plus en Nouvelle Zélande)! Et bien ça n'était vraiment pas mauvais !
Retour par la Queen street une fois rassasiées, en descendant le long de tous les restos chinois, japonais et malaysiens : tout fait envie, mais tout est incompréhensible. Très très peu de mots anglais sur la carte, il faut se fier aux photos, quand il y en a ! La prochaine fois
Re-SkyTower, un peu plus tard cette fois, et le casino bat son plein : les tables à 100 $ se remplissent, et c'est assez impressionnant de contempler toute cette masse d'argent disparaître aussi rapidement. Dire qu'il est ouvert 24h sur 24 et 7 jours sur 7 ! Se promener dans les couloirs feutrés qui mènent aux hôtels 4 et 5 étoiles de la tour semble un peu irrationnel, et effectivement, nous reprenons pied avec la réalité en allant dormir dans notre douillet van, tout au bord de la plage (mais quand même dans un quartier chic !).
Dimanche : décalage horaire
Dimanche matin, réveil pas trop tard avec le soleil (presque le lever), ptit dej au bord de l'océan, et nous voilà parties pour l'énigmatique Victoria Market qui figure sur notre plan d'Auckland. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, mais comme nous sommes dans notre période « marchés », on le tente ... Une fois sur place, ça ressemble à « L'Usine » à Roubaix, (pour les connaisseurs), et c'est en fait un dédale de petites boutiques plutôt orientées « touristes » au cœur d'une ancienne usine en briquettes rouges. Pas grand chose de sensationnel, c'est plutôt plus cher qu'ailleurs, mais peut être mieux présenté, une ou deux boutiques de « vrai » artisanat maori valent peut être le coup. Par contre, l'antre du médecin chinois qui affiche tous ses diplômes et expériences à l'entrée vaut le coup d'œil, si ce n'est l'essai : la consultation « générale » est gratuite, et grâce à l'examen des ongles et des yeux, le diagnostic gracieusement donné préconise quelqes médecines douces et ... chinoises. La boutique était bien ouverte (en grand), mais le médecin invisible
Après les boutiques et les chinoiseries, direction la marina d'Auckland, et ce n'est pas peu dire : 2000 places, des magnifiques voiliers, des yachts plutôt pas mal ... bref, l'un des plus grands ports de plaisance de l'hémisphère sud ! Après avoir un peu (beaucoup) rêvé en flanant sur les pontons, les choses sérieuses commencent, on roule en direction de l'aéroport !
Alors certes, il est (vraiment très) compliqué de se garer sans payer à l'aéroport d'Auckland, mais au moins, il y a des douches gratuites, il suffit de demander la clé à la fleuriste, en échange de sa carte d'identité française ! Et c'est donc surréalistement qu'on a pu prendre notre douche bien chaude, aussi longtemps qu'on l'a voulu, à moins de 20m des premières queues aux guichets, cachées dans un couloir à l'écart. A retenir !
Tout le reste du dimanche sera passé en récupérage de camping car, en explication de la conduite à gauche, et surtout en rattrapage de décalage horaire ! Ce qui explique ainsi la soirée plus que tranquille, arrosée au champagne néo-zélandais (quand même !), à 10 m de la plage ...
Lundi : tourisme !
Lundi matin, les choses sérieuses commencent, le programme de fou qu'on a concocté ne souffrira pas de délai ! Et on attaque donc par LE musée d'Auckland, ie le War Memorial Museum, tellement grand qu'il s'étale sur 3 étages ! Pour nous, le plus original (et jamais vu jusqu'à présent) se trouvait au rez de chaussée : une exposition d'art polynésien, très fournie ! Les parties maori étaient elles aussi impressionnantes, avec un magnifique Te Marae et d'immenses waka (entre autres), agrémentées de maori plus vrai que nature !
Deuxième étage : histoire naturelle, et après les squelettes d'animaux préhistoriques, nos invités commencent à s'essouffler ... un dernier tour au rayon des pingouins et des oiseaux, un léger repos au Discovery Centre, pensé pour les enfants mais ouvert à tous les adultes curieux et enthousiastes à l'idée de voir des cancrelats vivants sous verre (entre autres curiosités), et ça y est : les pieds trainent, la partie des volcans est bâclée ... il est temps d'aller prendre le lunch au chaud dans le camping car, après 3h de visite intensive. Peu importe, nous, on y retournera, à ce géant et génial musée !
Lunch réparateur, et hop hop hop, on enchaîne sans tarder avec une visite du City Centre, en commençant bien entendu par la SkyTower, que maintenant on maitrise parfaitement ! On attend d'en voir un ou deux sauter, et l'on peut enfin remonter la Queen Street jusqu'à l'Aotea Square, où se font face la mairie rénovée et le très moderne complexe théâtre-cinéma. Les deux se regardent de part et d'autre de la place, séparés par une sculpture maori contemporaine. C'est dommage, on y a raté le marché du samedi-dimanche
Traversée de l'Albert Park, juste pour s'échauffer un peu les mollets (oui ça monte) et admirer les magnolias géants, puis redescente vers l'océan et ses bateaux par milliers, en croisant au passage un chouette petit quartier commerçant à l'écart de la Queen street, avec même une boutique française qui vendait à prix d'or des boites de conserves Daucy, du Chaource et des saucissons divers et variés ...
Une petite ballade à la nuit tombée en bord de mer en flânant le long des restos chics mais encore abordables, et pour finir cette journée en beauté, ascension du Mont Victoria ... à pied, histoire d'achever tout le monde. Comme d'hab, la vue est magnifique, et c'est très venté !
Retour au camping où l'on a dorénavant nos petites habitudes, apéro, repas, et dodo sous la tempête naissante ... Quelle journée !
Mardi : retour et tempête
Mardi matin, il pleut, de la même façon qu'il a plu toute la nuit : fortement. Alors évidemment, c'est tout de suite moins drôle que sous le soleil ! On cherche quand même de quoi faire avant de partir chacun vers nos occupations (nous le travail mercredi matin, nos invités le tourisme dans l'île du Nord), et finalement on se met d'accord pour une visite en voiture à l'abri de la marina, suivie d'une visite en plein air des WinterGarden, situés sur le grand parc du Domain.
L'astuce, c'est que les WinterGarden comportent une fernery (avec plus de 100 variétés de fougères) en plein air et deux serres (donc à l'abri), dont une tropicale ! Et c'est plutôt appréciable ! Les fleurs sont bien évidemment magnifiques, voire étranges pour certaines : une espèce carnivore ?
« Traffic jams » pour sortir d'Auckland, puis l'intersection arrive : Palmerston North pour nous, Coromandel Peninsula pour nos invités, bye bye tout le monde, à samedi prochain !
Pour nous, il nous reste donc 7 bonnes heures de route, sous un temps pour le moins incertain. La route se fait tout de même sans encombre, et on se paie même le luxe de longer le Ruapehu côté stations de ski, non sans envie en pensant au snowboard qui n'attend que ça dans le van !
Ce qu'on n'apprendra que le lendemain, c'est que cette journée était la première de la tempête qui a secoué Auckland et tout le Northland (région au nord d'Auckland) pendant 36h, laissant des milliers de foyers sans électricité, coupant l'accès au Harbour Bridge en raisons de vents trop violents, créant de gigantesques inondations dévastatrices ... et donnant à tout le monde un unique sujet de conversation : le global warming.
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