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Itinérances : Annuaire des Voyages et des Activités de Plein Air



horloge parlante

02/06/07 Premier week-end d’hiver : Rotorua

Vendredi : winter is here

 

Allez savoir pourquoi, l’hiver commence ici le 1er juin ! Nous non plus on n’a pas compris pourquoi, mais bon, admettons … Et Peter, notre grenouille météo locale nous avait fait peur dès le début de la semaine en nous prédisant un week-end glacial et pluvieux. Ça n’empêche que nous on n’a peur de rien, et qu’on est quand même parties vendredi soir relativement confiantes sur notre capacité (et celle de notre van) à traverser la fameuse Desert Road sans glisser sur d’éventuelles plaques de verglas.

 

On a bien fait, le ciel était presque clair, juste tâché par de petites nappes de brouillard, et bien sûr aucune plaque de verglas à l’horizon. Route bonne donc, mais comme on était un peu fatiguées, et surtout comme Rotorua est quand même à 4h30 de route de chez nous, on s’est arrêtées à notre parking habituel de Taupo (70 km de Rotorua) où dormait déjà un van …

 

Quelques sandwiches vite fait, et direction l’arrière du van, sa couette moelleuse et les rêves (tout aussi moelleux) qui vont avec.

 


 

Samedi : rain is here

 

Taupo – Rotorua = quelques 70 km, fastoche, suffit de se lever à peine tôt le matin, de rouler direct, et comme ça on peut être à l’ouverture des musées (9h) prêtes à Rotorua. Certes … mais il pleuvait à verse … et franchement, ça donne pas envie de se lever et de petit déjeuner sous la pluie.

 

Résultat des courses : on s’est levées à 8h30, à la faveur d’une accalmie (légère, l’accalmie, n’exagérons rien), pour prendre la route tout de suite, en faisant les tartines en direct live. Miraculeusement, le pot de miel, celui de confiture et le gros bidon de jus d’orange ont chacun rempli leurs fonctions établies, sans chercher d’autres aventures ailleurs, et ce malgré les cahots, les bosses et les virages de la route !

 

Bref, 10h, on est devant l’office de tourisme de Rotorua, à humer la bonne odeur de souffre qui caractérise la ville. Un petit kilo de documentation en plus, une demie heure à la boutique de souvenirs à regarder tout ce qu’on veut ramener, et on se dirige vers LE musée, qui est en fait installé dans d’anciens bains thermaux. Ça tombe bien, on achète les tickets à 10h55, et la visite guidée (censée être dirigée par des étudiants bénévoles) commence à 11h ! Well done.

 

 

En fait d’étudiants, c’est un papi style Woody Allen qui nous fait une visite complète du musée pendant une bonne heure, en commençant par la partie historique du bâtiment et ses bains très réputés en 1900. A l’époque, les cures thermales se déroulaient dans des baignoires particulières, avec tout un attirail à faire peur, et surtout à se demander comment l’électrocution était évitée. Si les baignoires ne payaient pas (plus en tout cas) de mine, les salons de repos, ou encore les piscines en mosaïque étaient plutôt sympathiques.

 

La seconde grosse partie du musée traitait de l’historique de la région, et en particulier l’éruption du Mont Tarawera en 1886, qui fit des centaines de morts et re-dessina le paysage géothermal et volcanique. Toute la région de Rotorua est à ce jour encore la région volcanique la plus active au monde. Cette éruption détruisit entre autres la 8ième merveille du monde, les Pink and Whites Terraces faites de silice et fût, selon la légende, prédite par les sages maoris.

 

Le dernière partie du musée était bien entendu consacrée aux maori, et plus particulièrement à la tribu Te Arawa qui régnât sur la région, ses volcans et ses lacs sacrés, avec des très belles pièces de bois sculptées et des très belles nattes en flax (l’herbe à tout faire maori). Woody était certes brillant, mais il n’a malheureusement pas pu nous expliquer pourquoi toutes les représentations maoris n’avaient que 3 doigts (voire un pouce en plus, mais pas systématiquement) 

 

Après cette chouette visite, direction chaque expo un peu plus précisément, et aussi les quelques séances de « cinéma » proposées par le musée, la meilleure étant sans conteste un « cinéma dynamique » qui nous a bien fait rire (mais on ne dévoilera pas la secret pour les futures visiteurs). Après avoir traversé le musée des caves (où on a pu rencontrer un fantôme) aux combles (avec une chouette terrasse sur le toit, pour admirer la pluie tomber), il ne nous restait plus qu’à acheter le journal du lendemain de l’éruption (oui oui oui) et profiter de l’éclaircie pour manger avec le totem maori !

 

Parmi les autres monuments historiques abrités de Rotorua, il y une église anglicane de style Tudor. Et vu toutes les églises étranges qu’on découvre jour après jour en Nouvelle Zélande, celle là nous intéressait au plus haut point parce qu’elle ressemblait enfin aux églises dont on a l’habitude en Europe. Blanchie à la chaud en extérieur, de forme classique (nef en croix, clocher) … et … fortement influencée par l’art maori à l’intérieur : nattes aux murs, motifs maori sculptés et peints sur les poutres, de même que tous les bancs. Vraiment jolie !

 

 

Juste en face se trouvait un Te Marae (maison commune en maori) magnifique lui aussi, et de fait difficile à décrire autrement que par une photo.

 

 

Juste à côté de l’église et du Te Marae, comme si de rien n’était, un lac chaud qui fumait sous la pluie. On ne s’est pas baignées, mais les petites sources d’à côté qui bouillonnaient, crachotaient de la vapeur et glougloutaient nous ont semblées particulièrement intéressantes : pas de panneau indicatif, ici, toutes les fumerolles sortant de terre sont normales et anodines. Soit. C’est étrange tout de même …

 

Même remarque lors de notre petit tour en ville, ça fume de partout, ça sent le souffre partout, les fontaines du centre ville sont chaudes, mais c’est le way-of-life ici 

 

Pour achever cette journée sulfurique à souhait, on a même choisi un parking au bord du lac de Rotorua (car Rotorua, comme Taupo, est construite sur un volcan dont le cratère est rempli : une caldera), aux berges bien sûr sulfuriques. Et une fois que le ciel est devenu clair, on peut vous assurer qu’admirer les lumières orangées de la ville à travers les voiles de vapeur blafards au clair de lune, ça crée un drôle de paysage, aux sensations étranges, ouatées et « oeufistiquement » pourries.

 

Rajoutez à cela le bruit des kiwis qu’on a entendu toute la nuit (dommage que je n’ai pas emmené le mien en peluche qui répond quand on lui appuie sur le ventre), croyez nous, on a passé une vraie nuit néo-zélandaise !

 


 

Dimanche : sun is here

 

Mauvaise organisation, on a raté le lever de soleil sur le lac à travers les vapeurs de soufre, alors qu’apparemment tous les vans ont bougé à 2h du mat’ pour se mettre en direction de l’est … Mais bon, au moins, il faisait beau quand on s’est levées 30 min trop tard 

 

Petit dej en discutant avec un tchèque plutôt sympathique, puis direction les lacs qui pullulent dans la région. Les plus connus sont le lac bleu et le lac vert, à tel point qu’on peut même comparer leurs couleurs depuis un promontoire, situé entre les deux bien sûr !

 

On avait prévu une petite rando près du lac bleu, mais finalement, la rando en question s’est révélée être le simple tour du lac, dont la moitié se déroulait sur le bord de la route L. Et donc du coup on a continué la route jusqu’au grand lac de Tarawera. Et ce fût le début de la fin … Une vue magnifique sur le lac, de superbes villas cachées dans le bush le long d’une petite route, et des garages à bateaux … sur l’eau … Le rêve … Et forcément, il y en avait à vendre, pour le prix d’un appartement T1 en France 

 

 

Retour sur Rotorua avec plein de villas dans la tête, pour se faire un dernier lookout avant de partir. Ça ne devait pas être le bon, mais on a quand même eu une belle vue sur la caldera, immense, de Rotorua, c’est l’essentiel.

 

Par contre, il y avait un dernier endroit qu’on voulait absolument visiter à Rotorua, qui nécessitait du beau temps et qu’on avait donc pas fait samedi : le Kuirau Park, petit parc thermal et volcanique juste à côté du centre ville, totalement gratuit. Un avant goût en échelle réduite de ce qu’on avait prévu de faire le reste du week-end, on n’a pas été déçues. Mare de boues bouillonnantes en tout genre, sources d’eau chaudes à gogo, un petit geyser au repos (du moins quand nous étions là) et même un empilement de rochers brûlants !

 

 

Une fois cette mise en train effectuée, direction Waiomangu, un vrai parc volcanique pour les grands . Le dépliant annonçait 3h30 pour visiter cette vallée volcanique créée par l’éruption du Mont Tarawera en 1886, et on a adoré la rando ! Le but du jeu, aller au bout de la vallée (c’est à dire jusqu’au lac) et visitant toutes les attractions naturelles volcaniques. Les deux « must » du parc étaient le cratère Inferno d’un bleu magnifique, et le lac Frying Pan (poêle à fruire) qui boue en permanence !

 

 

L’inferno crater, en plus d’être connu et reconnu pour sa couleur surnaturelle, est aussi une curiosité volcanique pour tous les scientifiques : il déborde pendant 2 ou 3 jours, voit son niveau baisser de 8m pendant 15 jours, met 3 à 4 semaines à se remplir à nouveau, et recommence à déborder ensuite … Son eau est non seulement très chaude (80°c), mais est aussi très acide (pH de 2.1). Pour finir, l’inferno crater possède aussi le plus geyser au monde, mais qui ne peut pas être vu puisqu’il est à l’intérieur du lac !

 

 

Comme on est là pour la rando, on a même fait la boucle des sommets histoire d’avoir une belle vue sur toute cette vallée ! Si on rajoute à ça le beau temps, notre rencontre avec plein de pukekos (oiseaux néo-zélandais qu’on adore) et notre entrevue avec un wallabi (oui oui oui), l’après midi était … superbe !! (Pas de photos du wallabi parce qu’il était plus timide que nous rapides, mais c’est la première fois qu’on a vu un vrai kangourou dans la nature !). Arrivées pile poil au bout de la vallée pour que le bus nous ramène au point de départ, ça c’est de l’organisation !

 

Retour éclair à Rotorua pour essayer de voir un geyser, mais on ne savait pas vraiment où il était . Pour le reste de la soirée, on était censées rejoindre des amis sous un pont pour se baigner dans la rivière chaude, puis camper avec eux près d’une hot pool gratuite et naturelle, mais finalement, on a attendu 2h, pour finalement camper sans eux au bord de la hot pool, sans s’être baigné non plus. Légers changements de programme donc, mais on n’a peut être pas perdu au change …

 


 

Lundi : misty is here

 

 … Car le matin, on avait la piscine d’eau chaude et sulfureuse pour nous toutes seules. Et un petit bain à 45°c avant le petit dej ne fait jamais de mal . Surtout quand il y a des petites bulles naturelles pour masser et du gros sable brûlant pour stimuler la plante des pieds . On vous passe les chants d’oiseaux tropicaux et le bush planté dès la fin de la piscine, les plages et les escaliers en bois et le banc qui en faisait le tour, tout juste adapté pour que seule la tête dépasse une fois assise … Bref, c’était génial !

 

A 8h, une famille maori est arrivée, rapidement rejointe par un papi qui venait sans doute là tous les matins se faire un bain thermal gratos, et on leur a donc laissé la place pour aller déguster notre ptit dej. J’ai oublié de rajouter que dans cet endroit vraiment chouette, il y avait même un bloc sanitaire avec 2 vestiaires pour pouvoir se changer plus facilement … une aire de camping gratuite rêvée ! Retenez le nom, ça s’appelle Butcher pool !

 

On avait pourtant bien traînassé dans la hot pool, mais le brouillard ne s’était toujours pas levé, et ça, ça mettait un peu tous nos plans à l’eau. Pas de rando possible (ou en tout cas celle prévue menant à un point de vue s’avérait inutile), et même le deuxième parc géothermal qu’on avait prévu de faire devait avoir des perspectives très très limitées …

 

8h30, on part quand même dans l’espoir que le brouillard se soit concentré sur notre hot pool, mais malheureusement, on retrouve le même tout le long de la route et surtout au parc. La dame de la caisse nous dit que c’est très fréquent en hiver, qu’il n’y a pas de raison pour que ça ne se lève pas, et donc qu’on peut acheter les billets puisque de toutes manières on peut ressortir et rentrer autant de fois qu’on le veut.

 

Le parc en question, c’est Wai o Tapu, et il est réputé pour ses couleurs surnaturelles et son geyser qui jaillit à 10h15 tous les matins. La question qui tue, c’est : « Mais comment peut il jaillir à 10h15 tous les matins hiver comme été malgré le changement d’heure ? ». Réponse : parce que ce n’est pas un vrai geyser, il faut l’aider à jaillir en jetant quelques morceaux de savon dedans pour aider l’eau chaude à 120 °c (coincée sous l’eau froide, à 90 °c) à sortir …

 

Le petit tour préliminaire du parc effectué, un petit tour à la boutique, il est 10h, et on décide qu’il est temps pour nous de se diriger vers le geyser Lady Knox (c’est son petit nom) car il ne se trouve pas dans le parc, mais à 5 min en voiture à l’extérieur … Une fois dehors, oh surprise, c’est l’affolement général, des voitures entrent et sortent du parking dans tous les sens, y compris le mauvais, tout le monde court partout, et il n’y a que nous qui paraissons zen. Un coup d’œil à nos montres pour vérifier que oui oui, on a encore 15 min pour faire 5 min en voiture (ça paraît faisable, non ?), on sort tranquillement en tournant à gauche comme la dame nous l’a indiqué (alors que 50 % des gens tournent à droite), et effectivement, à 10h05, on entre dans le parking déjà bondé.

 

Le geyser (enfin son enveloppe), on le voit assez rapidement, et on décide de se placer stratégiquement afin de pouvoir le prendre en photo avec le moins de monde possible. Et après, il ne reste plus qu’à attendre. Un ranger du parc arrive, enjambe les barrières autour du geyser, explique l’historique (ce sont des soldats qui lavaient leurs affaires avec du savon qui ont découvert le principe), jette quelques bouts de savon et s’échappe en courant. Lady Knox, quant à elle, prend son temps, commence à baver de la mousse, puis laisse échapper un timide jet mousseux et fumant, pour enfin s’exprimer pleinement à 5 m au dessus du sol  On est parties dans les dernières, et le geyser n’avait toujours pas cessé, mais les japonais étaient encore là à prendre toutes les photos possibles et inimaginables (on vous passe les détails).

 

 

Retour au parc en passant par les mud pools locales, immenses, aux bouillons énormes et presque méchantes car débordant et éclaboussant même au delà des barrières de protection .

 

 

Le brouillard s’est un peu levé, on peut voir plus loin que le bout de nos chaussures, et les couleurs apparaissent enfin ! Alors, dans l’ordre, on a vu du green (souffre et sels ferreux), du orange (antimoine), du purple (oxyde de manganèse), du white (silice), du yellow primerose (souffre), du red brown (oxyde de fer) et du black (souffre et carbone). Le tout bouillonnant, crachotant et fumant à souhait ! Ici, plus le lac est vert fluo, plus l’arsenic est concentré …

 

 

Le tour est finalement plus long que prévu, et on a bien passé 2 bonnes heures à réviser nos couleurs  Le must du parc, c’est la Champagne Pool qui est sur toutes les cartes postales dignes de ce nom, profonde de 65 m, et surtout rouge ocre magnifique 

 

 

On sort du parc, un petit sandwich vite fait, et hop, direction Taupo pour rencontrer le Barbary. 45 min plus tard, nous y voilà, le soleil brille maintenant complètement, le lac est toujours aussi magnifique, et le Barbary nous attend.

 

Le Barbary, c’est … un voilier, agé de 80 ans, qui va nous emmener pour une ballade de 2h30 à la découverte des sculptures maori (gravées dans la roche depuis … 25 ans, au marteau piqueur, mais belles cela dit). Alors c’est simple, ces sculptures ne sont visibles que depuis le lac, et seuls deux bateaux proposent la ballade. On avait donc le choix entre un rafiot croulant qui proposait 2h de ballade, et entre un magnifique voilier qui offrait le chocolat chaud et les biscuits au milieu d’une ballade de 2h30 … Choix très difficile 

 

 

C’était vraiment trop trop bien, à l’avant du yatch bien emmitouflé dans une blanket, le vent dans les cheveux, le soleil dans les yeux, c’était le bonheur absolu. On a même réussi à tenir la barre, en plein milieu du lac certes, mais quand même, et en prime, on a vraiment navigué à la voile !

 

 

Ça a été dur de remettre les pieds sur terre, mais il faut avouer qu’on a quand même eu un final de toute beauté pour ce week-end !


Publié à 09:23, le 5 juin 2007 dans On the road again
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Commentaire sans titre

Trop trop belles photos! ca fait rêver...

Publié par flower à 10:23, 29 juin 2007

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