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Itinérances : Annuaire des Voyages et des Activités de Plein Air



horloge parlante

05/05/07 Tongariro National park !!

Prologue : vendredi soir

 

Vendredi après midi, comme d’habitude, c’est la fête, on est en week-end, personne ne travaille énormément au boulot, et quand on s’en va à 15h30, ça fait déjà 3h que finalement on est en week-end.

 

Donc c’était bien entendu, on était censées partir le vendredi soir, pour être sur place le samedi au plus tôt … sauf que bien entendu rien ou presque n’était prêt, et surtout pas les sacs !

 

Eh bien curieusement, c’est allé assez vite (ceci est sans doute dû à notre organisation optimale), et on a même eu le temps de faire des affaires (à suivre dans snow patrol). Et c’est donc sur un sentiment d’euphorie qu’on a pris la route, 45 min en avance sur notre heure habituelle.

 

Et comme on connaît la route par cœur, les 3h de route sont même passées très vite ! … Et heureusement, car il fallait quand même arriver avant 21h à National Park Village pour réserver notre moyen de transport pour le lendemain. 

 

Un repas vite fait dans la tranquillité du plateau volcanique (pas d’éruptions en vue), et puis dodo, au chaud et au calme dans la cour du lodge auquel on avait réservé la navette (discrètement bien entendu). Une des meilleures nuits dans notre van jusqu’à présent !

 


 

On a marché sur la lune ! : samedi

 

Certains le savaient, mais pas tous, en tout cas nous ça faisait 3 jours qu’on surveillait la météo du Tongariro National Park, afin de confirmer notre superbe week-end consacré au tramping.

 

Et notre but premier, c’est de faire la plus belle rando néo zélandaise d’une journée, c’est à dire le Tongariro Crossing . Pour préciser un peu, le Tongariro Crossing, c’est une belle rando de 17 km, d’environ 1000 m D+, 1200 m D-, à travers le paysage volcanique du National Park. Mais comme c’est une rando « one way » (c’est à dire qui n’est pas une boucle), il vaut mieux prévoir un transport à l’arrivée, voire pour le départ depuis notre village. Et les départs se font tôt (7h45) pour arriver vers 8h30 au point de départ de la rando. Chouette non ?

 

( Vous comprenez l’intérêt maintenant de pouvoir réserver absolument le vendredi soir pour le samedi matin ?)

 

Bref, après notre nuit au calme dans le parking du lodge (et un réveil anticipé pour ne pas se faire prendre), un ptit dej classique (grave erreur, on le verra après) 2 rues après, nous voici fin prêtes dans le bus. Et c’est là que ça commence : on a les vrais sacs de montagne sur le dos, les vraies pompes de montagne aux pieds (enfin, à 50 %), et on commence à apercevoir les volcans à travers les fenêtres du bus … ça promet 

 

On arrive rapidement sur l’aire de départ, il y a déjà 5 ou 6 minibus qui déversent leur flot de touristes, notre chauffeur à nous nous fait un petit speech sur les précautions d’usage, les numéros d’urgence, et l’heure à laquelle il viendra nous rechercher à l’autre bout : 16h30 … ce qui nous fait 8h15 de liberté à organiser 

 

On commence par du plat ou presque dans un paysage désertique : les brumes matinales sont tenaces, et on ne voit encore aucun volcan devant nous. 30 min à peine, et on arrive au premier refuge, qui semble vraiment très luxueux ! On reste toujours sur une sorte d’immense plateau, dont on voit bien qu’il est fermé par des parois rocheuses, mais on ne peut pas voir le haut ! ça se dégage quand même petit à petit, et on commence à se rendre compte que des pierres étranges nous entourent : les anciennes coulées de laves, avec leurs formes tourmentées encadrent le chemin. Lequel chemin, comme à l’habitude du DOC (Department of Conservation) est très très très bien entretenu, avec ses petites marches en bois, et surtout ses très longs pontons au dessus des coulées de lave.

 

 

La terre commence à rougir (le fer sans doute ?), les pierres avec, l’eau qui serpente sous nos pieds aussi … et la mousse jaune commence à recouvrir les pierres de lave ! On se croirait dans un paysage désertique et aride, mais il y a de l’eau et des gens partout ! Il est impossible de se trouver seules sur le parcours, et sur les points de « repos », il y a généralement quelques 40 personnes qui … se reposent évidemment …

 

Et c’est le cas aux Sodas Springs, sauf que nous, on aime bien s’écarter un peu des sentiers battus, et surtout pas faire comme tout le monde : pourquoi personne ou presque ne fait le détour (20 min) pour aller les voir, les Sodas Springs ?

 

En fait, peut être que la majorité des marcheurs se reposait avant LA montée au cratère sud ?! En tous cas, ça c’est de la montée efficace : sans doute 500 bons mètres de dénivelé d’une traite et tout droit dans la pente !

 

 

Heureusement, c’est le moment que choisissent ensemble le soleil et le Mont Ngauruhoe pour apparaître par dessus les brumes … belle récompense …

 

 

Quelques photos pour en profiter, et le cratère Sud apparaît enfin, plus impressionnant encore que ce à quoi on s’attendait : immense, vide, plat, et au pied du volcan le plus symétrique qui soit ! (3h aller retour à rajouter à la rando, on le garde pour une prochaine fois celui là)

 

 

Une fois le cratère traversé (parce qu’il est tellement grand que ça prend du temps, oui oui), la pensée est happée par ce qu’il peut bien y avoir de l’autre côté du cratère, de l’autre côté du couvercle sur lequel on marche, l’autre monde en fait …

 

Et bien l’autre monde, c’est la Lune. Il suffisait d’y penser. Les voyages lunaires, les missions orbitales, le théorème de Tsiolkovski, inutiles … nous on a trouvé la Lune à portée de chaussures de rando. Certes c’est à l’autre bout du monde, mais l’énergie d’économie reste quand même valable. Tintin ne connaissait sans doute pas la Nouvelle Zélande, dommage.

 

 

Une dernière petite montée le long d’une crête, avec d’un côté le cratère désespérément grand, de l’autre le paysage lunaire désolé à l’horizon perdu dans les brumes, derrière nous le Mont Ngauruhoe resplendissant et plus rouge que jamais sous la soleil, il y a de quoi en perdre le sens de l’équilibre, et pas seulement à cause du vent qui souffle en furie.

 

Heureusement, la civilisation des touristes marcheurs (dont on fait partie, on l’admet) est là pour nous rappeler au sens du concret : passés le dernier ressaut et le dernier rocher tourmenté, la foule est là qui mange, boit et parle fort. Alors tant pis, on abandonne (momentanément) la Lune pour se poser nous aussi, sortir nos scaphandres (pardon, nos vestes) et attaquer notre menu lyophilisé quotidien (enfin, nos sandwiches au fromage quoi). La Lune, on se la garde précieusement dans un coin de la rétine, pour les jours où la Terre et sa pesanteur se feront trop présentes …

 

 

Il reste à peu près 50 m de D+ pour atteindre le point le plus haut de la rando, alors hop hop hop, on se dépêche pour profiter d’un créneau avec moins de monde. Rapide ascension, et c’est encore la surprise de l’autre côté : le cratère rouge s’offre à nous, avec dans son écrin les 3 lacs émeraudes. On vous laisse juger du bien fondé des noms …

 

 

Pause photos obligée, puis descente on ne peut plus rapide en skiant sur les éboulis, jusqu’au premier et plus grand lac émeraude. Première remarque, ça sent le souffre. Deuxième remarque, les écharpes blanches qui flottent sur les flancs de la montagne ne sont pas des écharpes de brumes, mais bien des fumerolles qui sortent de terre. Conclusion, il faut faire attention où on s’assoit, car c’est chaud !

 

Le lac est magnifique vu de près, l’eau est limpide et tiède (22°c à peu près), et l’on peut enfin retrouver notre sulfurique rift lunaire en passant le verrou rocheux qui contient le lac. Des fumerolles, plus ou moins importantes sortent d’un peu partout, et donnent au paysage un aspect inquiétant malgré le soleil au zénith.

 

On rejoint le sentier, et nous traversons le cratère rouge, en troupeau 

 

Trop c’est trop, et on décide de profiter du lac bleu, juste peu au-dessus de nous, pour manger pour de vrai, et laisser passer le gros des randonneurs (aucune attaque personnelle ici). Ça tombe bien, le lac est lui aussi magnifique, d’un bleu profond, bordé d’une étroite plage, et c’est au milieu des herbes oranges et vertes que nous prenons notre lunch.

 

 

Cet endroit fait vraiment partie de ceux dans lesquels une petite sieste s’impose, mais le bus ne nous attendra pas si on est en retard : on reprend donc le chemin, une dernière pensée pour la Lune qui est derrière nous, le Mont Ngauruhoe qui nous regarde, le lac qui réfléchit tous les rayons du soleil sur nous, un dernier virage, et nous voici dans un paysage totalement différent : nous sommes sur le flancs des volcans, en pleine végétation, avec une vue imprenable sur toute la plaine de Taupo et son lac !

 

La descente est douce, sur un chemin toujours très bien entretenu, jusqu’au refuge de Ketetahi 400m plus bas. Refuge lui aussi très bien entretenu, halte goûter pour tous les randonneurs (et nous aussi par conséquent), et qui fait envie d’habiter pour la nuit, ne serait-ce que pour échapper à la foule et se retrouver en montagne seules ou presque …

 

 

La descente continue, et traverse sur 400m une propriété privée qui possède des sources chaudes : interdiction de quitter le chemin, mais les volutes de vapeur qui s’échappent paraissent très impressionnantes !

 

Il reste encore 500m de descente à flanc de montagne (et à découvert) pendant lesquels la végétation gagne peu à peu sur la pierre, pour finalement imposer sa loi dans le bush. Quelques 200m sont encore à parcourir en plein bush, le long des anciennes coulées de lave maintenant fertiles, pour enfin gagner le « carpark » final avec un quart d’heure d’avance sur l’horaire convenu. Notre chauffeur est déjà là, mais comme nous ne sommes pas les dernières, on en profite pour attendre dehors, et observer les randonneurs qui eux aussi attendent leurs navettes.

 

Il y a un peu de tout, pas mal d’étrangers (on aura fait connaissance avec 2 israéliennes sur le chemin), mais surtout tous les âges sont représentés, des plus jeunes ados aux personnes beaucoup plus âgées ! Pas mal pour une rando longue et quand même exigeante !

 

Retour en navette la tête encore là-haut dans les volcans qu’on aperçoit à travers la vitre … On a décroché la Lune aujourd’hui …

 

Retour à National Park Village, on hésite un peu sur ce qu’on va faire de notre soirée, finalement on trouve à acheter le guide du DOC avec toutes les randos du Tongariro National Park au backpacker local, et on décide de monter à Whakapapa passer la nuit.

 

La route est droite, avec le Ruapehu au soleil couchant en ligne de mire, et la première chose que l’on voit de Whakapapa, c’est son château irréel et illuminé. Ça pourrait être une hallucination due à la fatigue de nos voyages intergalactiques, mais c’est bien un immense château (et ses hôtes en tenue de soirée) qui se trouve à l’entrée du village : le Grand Château (in French in the text).

 

On aurait bien voulu y dormir, mais là, on s’en sentait vraiment pas capables après une journée de rando sans douche, et finalement on s’est rabattues sur le parking du DOC, où se trouvaient déjà 2 vans. Un repas rapide mais consistant (parce que la journée nous a rappelées à la vraie valeur calorique d’une journée de montagne), voire même de luxe (pâtes à la tomate et au fromage et salade maison de fruits frais et exotiques), et hop, au dodo tôt … Non seulement une grosse journée nous attend aussi demain, mais de plus, à 1500m, il commence à faire frais le soir dehors, et on est bien mieux au chaud dans le van sous la couette !

 


 

Dimanche : Le château de Moulinsart

 

Réveil 6h30 pour étudier à la frontale (et encore au chaud) les itinéraires possibles de la journée, et petit dej de luxe (pas aux croissants parce que faut pas rêver non plus) avec 2 slices achetées au café voisin, une au chocolat, une à la noix de coco … On va dire que l’investissement était rentable, les gâteaux étaient tellement consistants qu’on n’a pas réussi à tout manger en une seule fois!

 

Un petit tour au DOC pour se faire expliquer les itinéraires possibles, et finalement on opte pour la rando des Tama Lakes (lower and upper svp), 17 km aussi mais beaucoup moins de dénivelé (on va dire 400-500m en cumulé). C’est vraiment pratique, on laisse le van où il est, et on part à pied à travers le village pour rejoindre le sentier.

 

Pas beaucoup de points de repères jusqu’aux lacs, toute la rando se fait à travers la lande volcanique, cette fois-ci désertique et délaissée des foules. On aura la chance de deviner le Ngauruhoe à travers les nuages dans la matinée, mais le temps reste couvert, et jamais on ne pourra photographier le Ruapehu sans nuages 

 

Ça monte, ça descend, on traverse progressivement tous les rifts formés par les coulées de lave, il n’y a personne, on est seules au monde, entre les deux volcans …

 

 

On croise quelques rares randonneurs, qui bouclent sans doute le tour du parc (4-5 jours) en redescendant vers Whakapapa, et on arrive enfin au lower lake après 3h de marche. Le deuxième lac est indiqué à 45 min, alors vite vite on se dépêche de grimper sur la crête avant que celle ci ne soit engloutie par les nuages qui passent très très vite …

 

Et pour cause ! C’était marqué dans tous les guides, et on a pu l’expérimenter en direct : pour monter à l’upper lake, oui oui, il y a du vent, et du vent fort ! Si bien qu’une fois arrivées en haut, trempées par la montée exigeante, il fait très vite très froid … Un rapide coup d’œil au lac, bien en contrebas écharpé de nuages, et on se réfugie dans un abri sommaire de pierres empilées pour échapper au vent …

 

 

Repas vite fait, on refait les sacs, et oh miracle, la luminosité augmente, et un rayon de soleil arrive à percer … et on peut enfin découvrir le lac pour de vrai, qui bien entendu est magnifique …

 

Descente rapide jusqu’au lower lake, et avec quelques morceaux du cratère du Ruapehu qui apparaissent de temps en temps ! On ne s’attarde pas trop, car le vent est vraiment froid, et on a épuisé toutes les combinaisons possibles pour s’en protéger (bonnet + écharpe + gants + capuche) !

 

 

Même chemin qu’à l’aller en théorie, sauf qu’on a décidé de faire un petit détour par les Tanaraki Falls pour rejoindre le van … et on a bien fait !

 

 

Comme ça on a fini comme d’habitude par une portion de bush, juste avant de rejoindre le château : les deux grooms qui gardaient la porte ont eu l’air un peu surpris de me voir débarquer en chaussures de rando, mais ils m’ont quand même accueilli avec le sourire, et j’ai même pu repartir avec une brochure des prix. Bizarrement, c’était pas excessif, voire limite bon marché comparé au même standing en France !

 

 

Retour au van, goûter avec les gâteaux du ptit dej, un petit tour à la station de ski au bout de la route, pas très belle, sans neige et déserte, re-descente dans la vallée et une dernière petite ballade sur les « mounds » (=tertre), sortes de monticules trainés à 14 km du volcan par des coulées de lave mêlées à des avalanches il y a de cela quelques milliers d’années … la couche de débris était épaisse de 12 m !

 

Journée bien remplie, et week-end 100 % tramping, ça ça fait du bien !

 

On se garde le Ngauruhoe (2287m) et le Ruapehu crater (2797m) sous le coude pour une très prochaine fois 


Publié à 08:10, le 7 mai 2007 dans On the road again
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Ouiiin !

Il y a vraiment de quoi regretter de ne pas avoir été emportée dans ta valise :/

Publié par MaryloO à 11:11, 18 mai 2007

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