Samedi matin, réveil sous la pluie, comme prévu par la météo. De toutes manières, il pleut partout, au Nord, à Taupo, à Wellington, partout quoi. Alors autant voire d’autres villes que Palmerston North sous la pluie. Et les autres villes en l’occurrence, ça sera Wanganui et quelques petits villages.
Wanganui, ou Whanganui (on vous passe tous les détails des batailles pour détenir l’orthographe exacte), en fait, c’est une ville (un des premiers et plus importants campements maoris), une rivière (la plus connue des kayakistes) et c’est aussi la région !
Notre premier arrêt sera pour la ville, située à seulement 70 km de Palmerston North. On arrive plutôt au bon endroit, sur l’éminence du Queens Park : palmiers, beaux bâtiments en pierre blanche et un escalier monumental. Sauf que 30s après être sorties de la voiture, il se met à pleuvoir (forcément). On s’engouffre donc vite dans le bâtiment le plus proche, qui s’avère être le Wanganui Regional Museum.
Et ça tombe plutôt bien ! Le musée est magnifique et très fourni : on passera une heure et demie dans la première salle, qui est de loin la plus petite du rez de chaussée (il y a un étage en plus). Ce qui est chouette, c’est que le musée est assez éclectique : il y a une expo sur tous les insectes présents en Nouvelle Zélande, une autre sur l’évolution des moyens de transports dans la région (avec des belles chaussures de marche de l’époque), une rue des années 1940 reconstituée (mention spéciale pour la pharmacie qui vendait des savons français censés guérir tous les maux), une collection de casques internationale (et alimentée par les achats personnels des habitants de la ville), des kiwis empaillés, et une grande partie réservée à un reportage sur LE film de la région tourné par Hollywood (nous a dit fièrement un des gardiens du musée) avec tous les costumes exposés.
Le film retraçait l’histoire des affrontements entre moaris et colons européens pour cette terre à partir de 1840. Personne n’a réellement gagné, mais ceci explique en partie le fait que, de nos jours,Wanganui est connue pour abriter une très importante population maori … et du même coup justifie pleinement l’importance donnée à l’art maori par le musée : une immense salle avec trois immenses waka (pirogues de guerre maori), des magnifiques panneaux de bois sculptés, incrustés de Greenstones (les pierres « précieuses » d’ici), et plein de hei tiki de toutes tailles et toutes matières (promis, on va en rapporter un en France). Pas de photos autorisées dans le musée, on aurait bien grugé mais le gardien était vraiment trop gentil (il a même essayé de parler français avec nous), donc pour une fois, voici la photo d’une carte postale, histoire de donner une idée de la salle d’expo maori … Sinon : www.wanganui-museum.org.nz …
Le problème avec ces musées néo-zélandais, c’est qu’on pourrait y passer des heures, voire la journée. Alors là on a dû se raisonner, et on est sorties vers 14h (affamées). Un rapide lunch, et à la faveur de l’éclaircie (fugace, mais ça on ne le savait pas encore), direction le centre ville, en compagnie de nos sandwiches. Et pourquoi pas commencer par le Cooks Garden, et surtout son vélodrome à record et sa belle tour de l’horloge ? Et si, justement, on profitait de cette tour pour attendre que la pluie se calme ? Et si finalement on courrait vers la rue commerçante et ses magasins abriteurs ? Et si en fait on profitait de la dernière demie heure d’ouverture de la Sarjeant Gallerypour y faire un tour ?
www.sarjeant.org.nz, un musée gratuit (encore un), une très belle expo photo, et encore une expo « originale » de peinture. Une petite promenade ensuite dans le Queens Garden et ses drôles de monuments : un canon qui surplombe la ville, un memorial, un joli carillon et surtout un étrange serpentin-labyrinthe fait d’empreintes de mains !
Pour la suite, il restait juste à grimper sur Durie Hill, réputée pour l’ascenseur qui la transperce (la colline) sur 66m … sauf que l’ascenseur ferme à 5h, et que bien entendu on est arrivées plus tard.Ce qui nous a permis de faire notre sport de la journée : monter sur la colline, faire la pause photo sur le crépuscule qui gagnait la ville, grimper à nouveau les 176 marches de la Durie Hill Memorial Tower, re-pause photo en haut (mais pas trop longtemps parce qu’on courait le risque d’y rester enfermées pour la nuit quand même), et redescente tranquille vers notre repas habituel de noddles.
Donc jusqu’ici tout allait bien, on avait bien visité, vu plein de belles choses maori, fait un peu les magasins de la victoria Street, pris de l’altitude … tout pour le mieux dans le meilleur des mondes donc …
Jusqu’à ce qu’on reçoive trois œufs à bout portant sur le van, où on s’était réfugiées pour manger à l’abri de la pluie. Certes, on avait bien vu quelques djeunzs en train de boire des bières à une dizaine de mètres de là, mais bon, de là à imaginer la jeep verte passer une première fois à fond à côté de nous (c’était sur une route presque normale), puis repasser 5 min plus tard, remplie à craquer de djeunzs d’à peine 18 ans pour nous balancer des œufs même pas pourris … on n’y croyait pas vraiment …
Mais comme les jeunes bourrés du samedi soir nous inspiraient très moyennement, on a mis un peu de temps à trouver un endroit où dormir au calme. Et finalement, on a passé notre première nuit dans une station service, tuyau d’une pote kiwi en van elle aussi. Ce qui est fou, c’est que c’était le bazar à la station service aussi, et ce jusqu’à tard dans la nuit : bagarres en tous genres, et tout le temps des gens pas nets et des voitures en train de faire fumer leur boite automatique. Ça ne valait pas les plages auxquelles on avait fini par être habituées, mais au moins on était en sécurité près de la voiture du tenancier, qui savait qu’on était là ! Retenez le bon plan, parce que ça sert quelquefois !
Dimanche, tramping à 100 % …
Réveil au calme (parce qu’à 7h du mat, les ptits jeunes qui on fait la fête dorment comme des bébés), on part vite fait de ce moche endroit vers la vallée de Pipiriki, haut lieu du kayakisme et des ballades en bateaux (mais nous on va marcher !!).
Il fait beau, alors qu’on s’attendait à la pluie, alors pour fêter ça on s’arrête même pour donner à manger aux moas de Upokongaro.
(N’y croyez pas trop quand même, l’espèce est éteinte depuis l’ère préhistorique ;-))
20 km plus loin de petite route étroite qui tourne et qui surplombe la rivière (classique), on arrive au point de départ de la rando. Mais comme la région n’a vraiment pas bonne réputation (nooon ? vraiment ?), tout le monde (y compris l’office de tourisme et le site du doc) nous a recommandé de ne pas laisser la voiture sur le bord de la route, mais plutôt de demander aux quelques propriétaires du coin de se garer chez eux contre quelques dollars … c’est dire …
On prépare les sacs, on mange notre petit dej (quand même !), et vient le moment critique de demander l’hébergement pour notre van. On a bien repéré une maison, mais bon, y’a plein de chiens qui aboient et on ne voit pas s’il y a quelqu’un … Heureusement, le fermier qui s’occupait des vaches du champ voisin passe à notre hauteur, et on en profite pour lui demander ce qu’on peut faire. Il a l’air un peu bizarre, mais au demeurant très gentil, et nous offre l’hébergement gratuit pour notre van … chez ses vaches !
On se gare bien gentiment, on joue aux fermières en fermant notre champ, et on part en espérant que les vaches ne seront pas trop attirées par nos réserves de nourriture !
Le reste de la journée, ça sera rando, rando et rando ! 8h d’après le doc, 6h d’après certains guides, en tous cas 7 bonnes heures pour nous pour boucle le Skyline Walking track. La première moitié est avalée en même pas 3h, le chemin est facile, on monte doucement, et après tout le reste se passe sur la crête, plutôt régulière et en tous cas très bien entretenue avec du gazon tout doux (mais mouillé).
Le milieu du parcours, c’est un campsite en pleine nature (ça, ça reste plutôt normal), mais colonisé par les chèvres, avec un bel auvent, une grosse citerne d’eau potable (et ça, ça tombe plutôt bien), et des toilettes à faire envie à n’importe quel randonneur : propres, abritées, avec un paysage à couper le souffle !
Et en plus les oiseaux s’en donnent à cœur joie !
C’est après que ça se gâte : le chemin est de plus en plus chaotique, ça monte et ça descend assez sec, voire très raide, la boue se fait glissante, et surtout on entre peu à peu dans le bush débroussaillé, mais non nettoyé … Le paysage reste superbe, très aérien, nos amies les chèvres nous accompagnent (au passage, quel plaisir de se rappeler cette odeur des bons fromages qu’on mange en France … et pas en NZ !!), et on a même vu le Mont Egmont (ou Taranaki), mais bon, on avance très très lentement, et on se demande si enfin on va descendre pour de vrai !
Les cuisses commencent à tirer, les genoux à se tendiniter, et c’est plus ou moins bancalement qu’on atteint enfin la praire d’arrivée. Et comme on a été sages (pas de bêtises, de grimpage d’arbres, d’escalade osée ou compagnie), on a même droit à notre surprise du jour : un pote opposum, vivant ! (parce que des écrasés sur les routes, on en croise plus d’un au kilomètre !). Il n’a pas l’air très peureux, ni très vivace, ni très beau … plus de détails à venir dans notre zoo.
Au point où on en est, ce ne sont pas les 2 petits kilomètres de route qu’il nous reste qui vont nous faire peur, on les avale en un petit quart d’heure, on ouvre notre champ comme des grandes, et là, ça devient le bonheur intégral : assises, au chaud (oui oui, y’a même le chauffage dans ce van), de la bonne musique, … et quelques chips au vinaigre (oui on a honte, mais c’est vraiment bon).