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Itinérances : Annuaire des Voyages et des Activités de Plein Air



horloge parlante

25/03/07 Manawatu Gorges

Cette fois-ci c’est la bonne … ça fait 2 jours qu’on s’y voit, 1 bonne semaine que la tache verte sur la carte routière se fait obsédante, 1 mois que j’en rêve via internet et le site du DOC (Department of Conservation), et 5 minutes qu’on a pris la décision de partir ! Ni Adam, ni Hans, nos deux collocs, n’ayant l’air de vouloir bidouiller notre van sous la chaleur écrasante de ce dimanche d’automne (le premier de l’année ceci dit), on fait le sac vite fait : crème solaire, frontale, pansements, eau, appareils photos, et direction les gorges de Manawatu !

 

Il est 15h30, on sort de Palmerston North le moteur vrombissant (mais c’est son état normal), et de toutes manières c’est pas compliqué, tout droit sur 10 km, petite courbe à droite, 1 km et on est censé s’y trouver en plein milieu ! (On a fait simple pour un début). 15 min plus tard, van garé sur le parking de fortune réservé aux randonneurs et utilisateurs en tout genre du foot track. C’est parti !

 

Le sentier débute effectivement juste à l’entrée des gorges, coincé entre la route et sa barrière de sécurité à droite, et le ravin au milieu duquel coule … la rivière Manawatu. Le foot track qui mesure 2m de large, parfois 1m à cause d’un glissement de terrain (!), l’eau verte qui scintille en dessous, une voie ferrée plus ou moins désaffectée à flanc de colline sur la rive opposée, et pour ne rien gâcher un aperçu magnifique de la luxuriante végétation néo-zélandaise (enfin au moins de chez nous) avec ses immenses roseaux à grands plumeaux, ça commence plutôt bien … !

 

 

Ceci dit ça ne dure pas longtemps. Le sentier descend soudainement … non pas vers les gorges mais sous la route ! Ladite route étant étayée seulement par quelques poutres, on s’attarde pas trop, juste le temps de lire le panneau qui indique 4h de marche pour le sentier des gorges, one way or return, that is the question …

 

On traverse la route, quelques marches pour remonter à l’air libre, une dizaine de mètres à suivre la barrière de sécurité (à gauche cette fois si vous avez bien suivi), 90° vers la droite … et … on a failli allumer la frontale ! La faute à la très dense forêt néo zélandaise … et aux lunettes de soleil aussi un peu. Et donc sans les lunettes pré citées et avec 30s d’adaptation, ça donne ça : des petits escaliers qui se succèdent au milieu de la jungle, des ponts dignes d’Yves Duteil au dessus d’un petit ruisseau, beaucoup de vert, un peu de marron, des reflets argentés, et des photos à choisir impérativement en mode nuit !

 

 

Alors OK, les 30 premières secondes on n’a rien vu, les 30 suivantes on s’est demandé si on ne rêvait pas (ou si on n’avait pas abusé du vin kiwi au déjeuner), mais une fois la première minute passée, je vous laisse imaginer l’euphorie ! Rien à voir avec les feuillus pyrénéens (très jolis cela dit), les pins des Landes (espacés), ou encore la forêt chti (froide et pleine de boue), là c’était l’immersion totale chez Tarzan et le marsupilami à la fois !

 

 

On a donc fait quelques pas, gravi quelques marches, deviné la silhouette de palmiers de toutes sortes, tâtonné dans la pénombre, jusqu’à apercevoir … une fougère arborescente ! Re-séance photo immédiate à la faveur d’un rayon de soleil perdu, en contre plongée, vue de dessous, de côté, en arrière plan, 5 bonnes minutes à s’extasier dessus … En fait on en croisera à peu près tous les 5 minutes !

 

 

On s’élève progressivement grâce aux escaliers, et le soleil se fait un peu plus présent pour développer toutes les nuances de vert possibles et inimaginables. Impossible cependant de percer la végétation des yeux pour tenter de voir ce qui se passe aux environs, impossible tout court de ne pas suivre le sentier qui serpente, il faudrait une machette, des tatouages partout et savoir danser le haka … et on n’est encore pas assez acclimatées aux mœurs maoris !

 

Des maoris de toutes manières on n’en croisera pas. Des jeunes retraités en pleine forme venus promener des chiens qui connaissent pas leur chance, des promeneurs de tout genre, et … 2 coureurs à pied ! Alors c’est décidé, ce magnifique sentier sera notre terrain d’entraînement pour le dénivelé : une montée franche au début, et plein de bosses pour relancer, l’idéal J. Y’a même des marches pour faire des gammes, le tout au frais et dans un environnement ma foi sympathique. Et comme on a déjà pris toutes les photos possibles et inimaginables, pas d’excuse pour s’arrêter ;-)).

 

Et puis en plus pas moyen de se perdre même si on le voulait (c’est dire) : jamais vu un sentier aussi bien balisé et aussi bien entretenu ! Que la végétation n’empiète jamais sur le tracé, c’est « normal », en tout cas fréquent, qu’il y ait des escaliers, passe encore, que les marches des escaliers soient faites de belles planches de bois massif, là, déjà, c’est pas mal … Mais quand les marches sont recouvertes d’une sorte de grillage fin pour éviter de glisser sur le bois mouillé, ou encore quand le sentier est balisé par des petits triangles réfléchissants tous les 20m, là, on peut dire que le DOC fait vraiment bien son travail ! Hum, d’ailleurs, faudrait voir s’il n’embauche pas par hasard ;-))

 

Sinon, à part les Maoris, ce qui manquait, c’était les opossums, les oiseaux multicolores, les perroquets bavards, pourquoi pas des singes, et en général des animaux visibles. On a certes entendu quelques oiseaux siffler, mais on n’a pu en apercevoir aucun. Quant aux opossums censés pulluler en NZ, ils doivent être timides, ou alors pas aimer les Français … Mais c’est quand même étrange une forêt « tropicale » (pour nos pauvres esprits frenchies) sans vie animale ou presque.

 

 

Quant à la vie végétale, mis à part les fougères arborescentes, on a aussi passé une dizaine de minutes à regarder un arbre, gros, haut, immense en envergure, qui porte d’autres plantes dans ses branches (dont les racines arrivent parfois à atteindre la terre !) : le Kahikatea pour être précise. Au chapitre des curiosités qui n’en sont pas ici, n’oublions pas de drôles de troncs tressés, des lianes et des vraies, et puis plein d’arbres inconnus en France !

 

 

Et les gorges me direz-vous ? Ben on les a pas vues ! Enfin, si, à un seul endroit (y’avait même un banc pour profiter de l’occasion) : le belvédère où on a fait demi tour. Le chemin continuait vers le second parking, à la sortie des gorges. Au programme donc dès qu’il fait beau, pourquoi pas en sortant du boulot histoire de se faire un belle journée, et de rentrer à la frontale pour de vrai : là c’était petit joueur, on a descendu rapidement (moins de photos à faire forcément) et le soleil se couchait juste à notre arrivée sur le parking.

 

Juste un dernier mot sur le belvédère (quand même !) : la vue sur les gorges était limitée du fait de l’encaissement de la vallée, par contre celle sur les éoliennes (« wind farm ») du plateau voisin était magnifique ! Un de ces 4 aussi faudra aller faire un tour par là-bas … A suivre …

 

 

Retour donc un peu hébétées, les jambes un peu molles (c’était la première « montagne » depuis 8 mois !!), la tête pleine de vert … et du doux bruit du moteur … Mais on y reviendra …


Publié à 08:15, le 25 mars 2007 dans On the road again
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